indispensable. Le voici :
« Conversations avec M. Jean-Baptiste Mockey, ancien ministre de l’Intérieur de la Côte d’Ivoire à la mairie de Grand-Bassam, les 10 et 15 novembre 1959.
« Au cours des conversations que j’ai eues avec lui M. Mockey m’a exposé les faits suivants :
« Dans la deuxième quinzaine du mois de juillet 1959, à Paris, M. Mockey rend visite à M. Houphouët-Boigny. Ce dernier lui dit avoir le regret de constater qu’il est trahi par son entourage. M. Mockey fait remarquer que cet entourage, bien que très nombreux, peut se résumer, en dernière analyse à MM. Djibo Sounkalo, Ladji Sidibe, et à lui-même. M. Houphouët-Boigny se déclare d’accord avec cette énumération restrictive et précise que la « trahison » de son entourage, ainsi définie, s’avère grave : des fétiches malveillants auraient été découverts en effet dans sa demeure de Yamassoukro, notamment une tête de chat avec, dans sa gueule, une corne de bœuf. On aurait également trouvé dans sa résidence parisienne, avenue Mac Mahon, et plus précisément dans la valise de Mme Houphouët-Boigny, un fétiche qui, selon les personnes compétentes qui l’avaient déchiffré, prouvait chez son ennemi le désir de le rendre d’abord impuissant, puis finalement de l’assassiner [13].
« Il faut remarquer que dans les conversations que Houphouët-Boigny a eues avec M. Mockey, il n’a jamais précisé quelle personne avait pu être l’auteur de cette action malveillante.
« Inquiet après cette conversation, M. Mockey prend immédiatement contact avec MM. Philippe Yacé, président de l’Assemblée Législative de Côte d’Ivoire, Ladji Sidibe, questeur de cette même Assemblée, et Djibo Sounkalo, Sénateur de la Communauté et Maire de la ville de Bouaké (Côte d’Ivoire), et leur résume sa conversation avec M. Houphouët-Boigny. Ces trois personnalités étaient déjà au courant des griefs articulés par le président Houphouët-Boigny.
« M. Mockey, qui devait rentrer à Abidjan dans la première semaine du mois d’août, se voit refuser son billet de passage par la Compagnie T.A.I. : le billet a été décommandé d’office, sur l’ordre de M. Houphouët-Boigny, la place étant déjà cédée à un autre personnage. Le lendemain, il est convoqué par M. Houphouët-Boigny dans sa résidence provisoire à

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