/>Quoiqu’il en soit, dans le premier gouvernement de la République de Côte d’Ivoire formé fin avril 1959, M. Mockey reste ministre de l’Intérieur et les jeunes dirigeants du J.R.D.A.C.I. - MM. Koné, Banny, Boka, Donwahi - y entrent en force [11], comme ils avaient été élus à la direction du Parti. En somme, l’appareil du Parti est sinon contrôlé, du moins entre les mains de J.B. Mockey qui, en outre, appuyé une fois de plus par l’intelligentsia, détient un poste-clé dans l’exécutif. A mon sens, là se trouve la raison fondamentale de la disgrâce de Jean-Baptiste Mockey, le seul, à ce moment précis du devenir de la Côte d’Ivoire, à avoir, à l’échelle nationale, une envergure suffisante susceptible d’amener les planteurs à partager équitablement le gâteau ivoirien avec les autres fractions d’une bourgeoisie naissante, donc particulièrement avide.
Les événements iront très vite, puisque six mois après son triomphe au Congrès du P.D.C.I., Jean-Baptiste Mockey se trouvera dépouillé de tous ses pouvoirs au sein et du Parti et de l’exécutif. M. Houphouët-Boigny usera et abusera de l’argument fétichiste - à cause, je le répète de sa haute crédibilité au sein de la société ivoirienne dans son ensemble - pour accélérer l’élimination de ce compagnon loyal des mauvais jours.
Il n’est pas question ici de nier les tendances fétichistes de M. Houphouët-Boigny, sa croyance au fétiche, au pouvoir du fétiche. Il me le disait lui-même : « Le christianisme et l’Islam sont de simples vernis qui s’écaillent au moindre coup d’ongle pour laisser paraître notre fond fétichiste ». Et comme illustration de la véracité de sa thèse, il m’affirmait que s’il faisait fouiller Mgr Yago à la sortie du palais, on trouverait des fétiches dans ses poches !
Il n’est pas non plus question de sous-estimer l’importance de sa peur exagérée de la mort violente.
Il n’en reste pas moins qu’à mon avis, n’était sa volonté de réduire à l’impuissance le chef de file avéré de la néo-bourgeoisie, le leader ivoirien n’aurait pas fait preuve d’une telle crédulité. Au demeurant, le document [12] ci-après met bien en relief la fragilité des charges fétichistes retenues contre J.B. Mockey. Sa publication in extenso ici - et non en annexe - me paraît

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