entrés… dans la confrérie des francs-maçons ; leur calcul, ajoute-t-il, relève certainement d’un plan bien mûri, car personne n’aurait pensé que sous le couvert d’un groupement d’entr’aide, certains auraient des visées criminelles contre un régime qui leur facilite précisément leurs réunions… La fraternité…ne doit pas avoir pour résultat le pistolet ou le poignard traîtreusement dirigés contre les autres". Enfin, il avait demandé, au nom du Parti, aux francs-maçons français, de se désolidariser « des néophytes africains nouveaux venus à la secte et qui impriment à cette confrérie une orientation certainement sombre
 » [75].
Cette histoire de francs-maçons comploteurs avait beaucoup impressionné le président Houphouët-Boigny. En particulier, il ne pouvait comprendre, me disait-il, comment Kacou Aoulou et J.B. Mockey pouvaient appartenir à la même Loge maçonnique (N.D.L.R. : du Grand Orient) et se considérer comme des « frères ». Le premier n’avait-il pas été la cause directe du séjour en prison pendant trois ans du second [76] ? « C’est contre-nature », affirmait-il. Par ailleurs, « l’athéisme » des francs-maçons le heurtait profondément, car « Dieu existe, n’est-ce pas ? ».

Dans sa lettre au chef de l’Etat ivoirien, le Dr Djessou reconnaît avoir fondé un atelier de la Grande Loge de France « face à l’esprit laïque et anti-religieux des maçons du Grand-Orient ». Il avoue sa participation au complot et dénonce allègrement comme comploteurs Kacou Aoulou, Camille Gris, Jean Banny, Alloh Jérôme, Mockey, Paraiso et aussi des Français de Côte d’Ivoire comme Garsi, Bernard, Morillon, Cadorel et L’Huillier... Et pour terminer, il demande pardon et propose ses services...
Mais l’irréparable - les exécutions capitales - aura été évité et aucun des comploteurs ne restera enfermé plus de quatre ans.
Selon le gouverneur Siriex, « inlassablement Houphouët-Boigny avait entrepris calmement la rééducation politique des factieux au cours d’entretiens fréquents et de palabres à l’africaine... » [77]. Toujours selon le même auteur, en 1964, le Président ivoirien appelait ses prisonniers de Yamoussoukro « ses petits pervertis ».
A

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