class=’manualbr’ />On voit ainsi un Coffi Gadeau, dirigeant de la lutte anti-coloniale et ministre de l’Intérieur au moment de son arrestation, subir le suprême outrage de la confession publique au Boxing Club d’Abidjan devant 10 000 spectateurs avides [71]. Il aura dans cette épreuve, comme compagnons "absous", deux vices-présidents de l’Assemblée nationale, Alloh Jérôme, militant anti-colonial, et Goffri Kouassi qui lui, ayant tourné casaque en 1950, avait été un objet de mépris pour le même Gadeau. Parmi les autres "absous" on trouve Sery Koré, et Bahi Tagro, tous deux membres, comme J.B. Mockey et Alloh Jérôme, de la précédente Cour de Sûreté de l’Etat, celle qui avait condamné Amadou Koné et ses co-inculpés.
D’autres "absous" feront preuve de zèle. Ainsi, un député, Soumahoro Gouassou, en rajoutera, présisant qu’en cas de succès du complot,

Mockey se réservait la présidence de la République, Jean Banny deviendrait vice-président, Kakou Aoulou aurait les Finances, Camille Gris les Affaires étrangères, etc.
Le tout agrémenté d’histoire de fétiches, de maraboutages, de flèches empoisonnées fabriquées en région bété, etc. Le Président lui-même avait déjà déclaré : « La mère de Mockey a consulté un marabout et son fils y a cru » [72].
Mais la farce grotesque de l’absolution ne représentait pas la seule innovation de ce "complot". Il y avait eu aussi tentative délibérée d’y impliquer la franc-maçonnerie.
Sur ce plan, nous disposons d’une lettre manuscrite, datée du 20 mai 1964, du Dr Djessou Loubo [73] et du récit détaillé que m’a fait M. Pierre Biarnès, le 22 février 1973, sur les circonstances qui ont entouré le rétablissement de la franc-maçonnerie en Côte d’Ivoire [74]. Ces deux documents (surtout la lettre du Dr Djessou Loubo), peuvent nous permettre, semble-t-il, de préciser quelque peu les contours de la vérité, le rôle supposé des francs-maçons dans ce "complot".
Dans son très long discours, au meeting du 28 septembre 1963 déjà cité, Philippe Yacé avait impliqué la franc-maçonnerie dans les complots en affirmant que les comploteurs "ont imaginé un stratagème pour tromper notre sagacité : ils sont tous

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