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Le Président est convaincu qu’on avait « cherché à le tuer » [55]. Il entérine - à contre-coeur m’avait-il semblé - l’initiative de M. Philippe Yacé, tendant à créer des "milices du Parti" contre le "complot intérieur", et leur rend publiquement hommage.
De son côté, M. Yacé annonce un « renforcement des structures » du P.D.C.I., demande une « vigilance accrue de la part [de ses] militants » et assure que « les milices sont là qui veilleront au respect des institutions ». Pour encadrer les miliciens, M. Philippe Yacé aura recours à ses camarades, les Anciens Combattants, auxquels il distribuera des plantations pour services rendus [56]. Tout cela ne plaît pas beaucoup à M. Houphouët-Boigny. De fait, deux mois après l’annonce de la création des milices, leurs effectifs ne dépassaient toujours pas les 150 hommes [57].
Dans le contexte d’alors, mes objurgations mensuelles, j’en reste convaincu, n’auraient pas pesé lourd face aux pressions quotidiennes de M. Philippe Yacé, et l’irréparable aurait été probablement accompli, n’était, une fois de plus, un événement fortuit quoique tragique, à savoir le "suicide" d’Ernest Boka, le dernier représentant prestigieux de la première promotion d’universitaires ivoiriens encore en liberté. Licencié en droit, ministre de l’Education de 1957 à 1959 (il n’avait pas trente ans alors), ministre de la Fonction publique dans le premier gouvernement formé par M. Houphouët-Boigny, il avait été promu le 3 janvier 1961, président de la Cour suprême, avait perdu ce poste en février 1963 [58], mais n’avait été impliqué ni dans le premier complot (janvier 1963), ni dans le second (juillet 1963).

Il sera arrêté le 2 avril 1964 - huit mois plus tard - et se « suicidera » le 6 dans sa cellule de sa prison de Yamoussoukro.
Trois versions différentes ont circulé sur les circonstances ayant entraîné sa fin tragique.
Pour ma part, je rejetai et rejette celle de l’assassinat, ou de la mise à mort, préméditée ou sous

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