sixième est interdit de séjour dans son propre village, le 7ème, M. Alcide Kacou, est l’homme qui a brisé la grève des cheminots, soutenue pourtant par le R.D.A., en 1947 [45], tandis que le 8ème, M. Raphaël Saller, est tout simplement citoyen français. Il s’agit donc d’un Cabinet fort homogène.
Que leur reproche-t-on ? Selon une déclaration publique du président Houphouët-Boigny lui-même, les comploteurs avaient « cherché à le tuer ainsi que tous les dirigeants actuels » [46].
Quels sont ces "comploteurs" ? J.B. Mockey, pharmacien de son état, est considéré comme leur chef de file. En septembre 1964 quand, convaincu et pour cause, de son innocence, je multipliais les démarches auprès du président Houphouët-Boigny en sa faveur, le chef de l’état ivoirien devait me dire :

« Savez-vous qu’on a confisqué à l’homme d’affaires de Mockey, un certain Francisco, 73 taxis, 5 bateaux de pêche dont un valant 40 millions (de francs C.F.A.), 12 villas, 5 immeubles de trois étages… ? Savez-vous qu’il avait demandé à Boquet [ ? ] une plantation de 36 hectares et 5 millions de francs… ? »
En citant ces chiffres, le président cherchait certainement à me convaincre que l’homme dont je ne cessais de plaider la cause à chacun de mes séjours en Côte d’Ivoire, c’est-à-dire une fois par mois, n’en valait pas la peine.
Le passé anti-colonial d’Albert Paraiso [47], sa vie de militant du R.D.A. valaient ceux de J.B. Mockey. Il fut emprisonné, et comme lui, condamné à cinq ans de prison le 6 février 1950, pour "pillages et violences". Il fut chanté par Coffi Gadeau dans ses poèmes comme l’un des héros du P.D.C.I.-R.D.A.
Fin novembre-début décembre 1963, je le vois entrer en trombe dans mon bureau, à Paris, me mettre sous le nez une lettre de M. Houphouët-Boigny datée du 16 novembre 1963, en me disant : " Lis ! " Le président lui propose -« compte tenu de l’action que vous avez menée avec courage au sein du R.D.A »- soit de se constituer prisonnier, soit d’éviter à tout jamais la Côte d’Ivoire.
Il attend ma réaction. Je viens de rentrer d’un troisième séjour

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