administrateur général du Plan.’ id=’nh42’>42] et Pierrard, à une délégation conduite par M. J.B. Mockey, et chargée de représenter la Côte d’Ivoire à la conférence constitutive de la "Banque Africaine de Développement" devant se réunir à Khartoum. Sur ce, M. Roger Pierrard m’annonce, sans émotion apparente : "Ce ne sera pas gai, car, je le sais, Mockey va se faire arrêter à son retour à Abidjan." Je lui demande spontanément - en pensant surtout à leurs conceptions philosophiques communes - s’il l’a averti de ce qui l’attend. "Surtout pas", me dit-il, et me recommande la plus grande circonspection [43]. J.B. Mockey sera effectivement arrêté début septembre, dans les jours qui suivront le retour du président Houphouët-Boigny à Abidjan.

Ici, comme pour le "complot" précédent, les dénonciations constituent la base de l’affaire. M. Houphouët-Boigny d’ailleurs le reconnaît ouvertement. « … Ce sont, dit-il, certains participants, effrayés, qui trouvant que les choses allaient très loin, sont venus nous en informer. » Chose beaucoup plus grave, il ajoute : « Des milliers de lettres nous ont reproché d’avoir été trop généreux [ lors du précédent complot ]. Nous n’avons exécuté personne » [44].
Je reste convaincu que l’élimination de l’intelligentsia et de la bourgeoisie d’affaires, certes indispensable dans l’optique de la classe des propriétaires terriens, se serait faite de façon plus élégante et n’aurait pas pris des proportions grotesques de "complots" avec des dizaines et des dizaines de condamnations à de lourdes peines, si les événements extérieurs n’avaient rendu le président ivoirien réceptif à l’idée d’une répression dure. Dans l’affaire de la J.R.D.A.C.I. et des treize condamnations à mort, les arrestations avaient suivi de quelques heures - nous l’avons relevé - l’annonce de l’assassinat du chef de l’Etat togolais. Dans le "complot" de M. Mockey, les arrestations ont suivi de quelques jours le renversement, par une chiquenaude, à la mi-août 1963, de Fulbert Youlou au Congo-Brazzaville.
Sept ministres sont démis de leurs fonctions sur un cabinet comptant au total 17 membres. Si parmi les inculpés, on trouve un ou à la rigueur deux Baoulés (Coffi Gadeau et Jean Banny), cinq au moins des dix ministres rescapés appartiennent à l’ethnie de M. Houphouët-Boigny, le

Creative Commons License Fonds d’archives Baulin (http://www.fonds-baulin.org), développé par Résurgences, est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons : Paternité-Pas d’Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France.
Plan du site
Site propulsé par l'Atelier du code et du data, chantier d'insertion numérique