l’essentiel de leurs chances de succès » [5]. Dans le domaine du sport ?… « Chaque club de football a son féticheur » [6], quoique Étoukan Daniel, gardien de but du stade d’Abidjan considère - en 1974 - que « l’apport du fétiche est très relatif ». En 1959, à Kirinjabo, en pays agni, on avait brandi la menace du fétiche pour dissuader les électeurs d’aller aux urnes [7]. On pourrait multiplier faits et références à l’infini. On se trouve donc devant un phénomène normal de société, un trait indubitable de civilisation qu’on ne peut, qu’on ne doit ignorer.
D’autant que les décès par poison ne représentent nullement une vue de l’esprit. Mme Claude Gérard, proche de M. Houphouët-Boigny et de Ouezzin Coulibaly, laisse entendre que ce dernier, mort en septembre 1958 à l’hôpital Saint-Antoine à Paris, aurait été victime d’un empoisonnement criminel.
Plus près de nous, les incidents qui ont eu lieu en juin 1970, aux funérailles du lieutenant de gendarmerie Roger François N’Dia, mort à l’hôpital Claude Bernard à Paris, ont confirmé dans l’esprit de tous ses amis et parents qu’il avait bien été empoisonné.
Enfin des médecins ivoiriens expliquent que les symptômes de l’empoisonnement au fiel de caïman ne se différencient guère de ceux de la leucémie…
On comprend dès lors le recours systématique aux explications fétichistes et au poison pour faire admettre, par l’opinion publique, la culpabilité d’éventuels inculpés…

L’élimination du champion de la néo-bourgeoisie


La première des victimes sera Jean-Baptiste Mockey. Jusque là le plus proche, le plus fidèle, le plus capable des compagnons de M. Houphouët-Boigny, il a le tort de ne pas appartenir à la bourgeoisie terrienne.
Au début de 1959, M. Mockey est au faîte des honneurs. Héros de la lutte anti-coloniale, emprisonné de longs mois durant à la suite des événements sanglants de Treichville, pharmacien, il a dix ans de moins que le leader ivoirien et sa confiance totale. Ce dernier l’avait amené avec lui à Paris comme chef de son secrétariat quand il était devenu ministre de la IVe République. Vice-premier ministre et ministre de

Creative Commons License Fonds d’archives Baulin (http://www.fonds-baulin.org), développé par Résurgences, est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons : Paternité-Pas d’Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France.
Plan du site
Site propulsé par l'Atelier du code et du data, chantier d'insertion numérique