être considéré comme un signe prémonitoire.
Comme les présumés comploteurs sont des intellectuels plus ou moins marxisés durant leurs études en France, où ils ont flirté avec les communistes, on hésite encore, au début, à jeter dans la balance l’argument fétichiste. Dans l’immédiat, on accuse plus prosaïquement les inculpés d’avoir voulu s’emparer du pouvoir en faisant « massacrer les membres du gouvernement... tandis que des hommes de main venus de Sassandra, Gagnoa et Daola devaient massacrer les habitants de Yamoussoukro » [28].
Toujours selon M. Philippe Yacé, l’« Association des Intellectuels du Nord », le « Comité de soutien de l’action politique de la région du Nord » et l’« Association des Amis de la Culture », « étaient des foyers de propagande du communisme... en étroite collaboration avec certains membres de l’assistance technique ».
La thèse du complot, les projets rocambolesques de massacres seront bientôt étayés par les traditionnelles accusations d’ordre tribal ou fétichiste. Ainsi, le capitaine des Douanes, Paul Anaky [29], aurait déclaré avoir choisi comme emblème le drapeau rouge, « avec, au centre, un siège de chef agni » [30].
Plus tard, le président Houphouët-Boigny dira qu’Amadou Koné, quoique accusé d’être communiste, croyait lui aussi aux fétiches : sa « mère avait jeté le “cauri” et son fils a cru à ses prédictions » [31] , affirme-t-il.
Plus tard encore, le Bureau Politique du P.D.C.I., comme dans le cas de J.B. Mockey en 1959, impliquera le Ghana dont l’ambassadeur en Côte d’Ivoire aurait assisté « aux réunions secrètes des conjurés » de l’intelligentsia [32].
La radio de Conakry, de son côté, introduira des problèmes d’ordre personnel en rappelant qu’Amadou Koné, le principal inculpé et condamné à mort, avait alors une fiancée fort belle, Mlle Ralou Miloyanis... Elle

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