affirme-t-il, et il ajoute que le Bureau Politique va mener une enquête pour savoir s’il y a dans le pays « des menées subversives d’inspiration communiste » [24].
D’autant que le contexte politique en Afrique est, à ce moment, indubitablement favorable au président Houphouët-Boigny. Kwame N’Krumah, isolé, se trouve sur la défensive même s’il continue à accorder l’asile au roi Amon N’Douffou III du Sanwi. Sékou Touré et Modibo Keita qui lui avaient donné tant de mal semblent finalement avoir abandonné le leader ghanéen et rallié le concept confédéral qui triomphera quelques mois plus tard à Addis-Abéba.
Mais dans les 24 heures qui suivent la déclaration apaisante de M. Ph. Yacé, on apprend l’assassinat du chef de l’État togolais M. Sylvanus Olympio. Le président Houphouët-Boigny en est traumatisé. C’est le premier putsch, et un putsch sanglant, qui se produit dans un des jeunes États d’Afrique.
L’atmosphère change du tout au tout. La peur de la mort, toujours présente, comme le relevait d’Arboussier, dans l’esprit d’Houphouët-Boigny, prime chez le président ivoirien, la prudence politique. Il cède à la panique.
Le 14, le même Yacé qui parlait d’enquête à propos d’éventuelles menées subversives 48 heures auparavant, certifie maintenant l’existence de ces menées et réaffirme la mise hors-la-loi du Parti communiste de Côte d’Ivoire [25]. Il annonce encore l’inculpation de plusieurs personnalités et insiste - chose caractéristique - sur la nécessité d’une épuration radicale dans les rangs du Parti.
Le lendemain, par décret, le président Houphouët-Boigny relève de leurs fonctions :

- Amadou Koné, médecin, ministre de la Santé, secrétaire général de la J.R.D.A.C.I. et membre du Bureau Politique du P.D.C.I.
- Joachim Bony, professeur, secrétaire du Comité Exécutif de la J.R.D.A.C.I. et ministre de l’Éducation nationale.
- Charles Donwahi, ingénieur, secrétaire du Comité Exécutif de la J.R.D.A.C.I. et ministre de l’Agriculture et de la Coopération.

De son côté, l’Assemblée nationale vote la levée de l’immunité parlementaire de sept députés. Le nombre total des inculpés s’élèvera à 126.
Le 17, les parlementaires, terrorisés par le danger imminent de

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