réunion entre les deux organisations aura lieu le 26 janvier suivant. Durant tout le mois de décembre, les réunions entre dirigeants du P.D.C.I., parlementaires, notables, se multiplient. Les événements s’accélèrent à partir de la première semaine de janvier 1963. La dramatisation va crescendo.
Le 8, une réunion du Bureau Politique du P.D.C.I. puis une autre de son Comité Directeur, précèdent un Conseil des ministres. A l’issue de ce Conseil, M. Ekra, ministre de l’Information mais qui ignore de toute évidence ce qui se trame, tout en annonçant la création d’une Cour de Sécurité de l’État [22], affirme qu’« il n’y a pas d’événement particulier justifiant l’institution de la Cour de Sécurité, mais, ajoute-t-il, l’État a besoin de prendre des précautions ».
Le 11, on a le sentiment net que M. Yacé pousse à la roue. Il se livre en effet à une surenchère effrénée pour éliminer une nouvelle fournée d’adversaires de la bourgeoisie terrienne, et renforcer, dans la foulée, le rôle du Parti, donc le sien propre. Véritable Torquémada, et parlant en sa qualité de secrétaire général du P.D.C.I., il s’attaque aux agents « d’idéologies étrangères qui dissimulent leurs visées » et invite les militants à dénoncer résolument les détracteurs de la stabilité du régime. Mieux encore, « le Parti, affirme-t-il, exige que [les ennemis du régime] soient impitoyablement poursuivis, déférés devant la Haute Juridiction et... condamnés de façon exemplaire et sans appel ». Puis, il relève, à plaisir dirait-on, que selon la nouvelle loi, les circonstances atténuantes ne pourront être invoquées ni le sursis accordé, et qu’elle légalise « l’impossibilité du recours à l’amnistie ». Le président Houphouët-Boigny, dit encore M. Yacé, s’est engagé à ne recourir à son droit de grâce que sur avis conforme de la direction du P.D.C.I. [23].
De toute évidence, ces mesures répressives à l’extrême, si elles étaient appliquées, creuseraient un fossé quasi infranchissable entre le pouvoir et les élites non terriennes du pays.
Le 12, le président Houphouët-Boigny semble avoir senti le danger de l’isolement. En sa présence, M. Yacé bat en retraite publiquement : il n’y a pas eu d’attentat contre la vie du président Houphouët-Boigny,

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