il convient de clarifier quelque peu le problème du fétiche, phénomène omniprésent qui fait partie de la tradition africaine et qui sera utilisé chaque fois comme preuve des tentations criminelles des inculpés, c’est-à-dire des concurrents potentiels des planteurs.
L’explication scientifique en a été donnée par le Dr Claver, éminent neuro-psychiatre de l’hôpital central d’Abidjan :
« Notre philosophie cosmogonique est bien spéciale, disait-il… Chez nous tous les événements de la vie quotidienne… ne viennent pas de l’homme mais des forces extérieures à lui. On ne réussit pas parce qu’on a travaillé, mais parce qu’on a su s’assurer la bienveillance des esprits… Dans la vie pratique, l’effort personnel, le mérite par l’effort est peu valorisé ; on pense et on recherche une aide extérieure, une intervention… ». [2]
Le contenu technique, pratique du problème, le président Houphouët-Boigny l’exposera en public comme explication et commentaire du “suicide” de Boka. [3] En voici des extraits publiés par “Abidjan-Matin” du 14 avril 1964.
« Beaucoup parlent des fétiches sans les connaître, déclare d’emblée le Président, beaucoup de gens parlent d’animisme sans savoir… Le fétiche, la plupart du temps nos frères de la Côte ne le connaissent pas. Ce sont des hommes du Centre et du Nord qui viennent donner le fétiche à la basse côte… nous avons, dit-il, pour tous ceux qui sont initiés comme moi, le fétiche dit mâle et le fétiche dit femelle. Le mâle a derrière lui le poison, la femelle a derrière elle le contre-poison. Vous comprendrez les raisons pour lesquelles quand des jeunes gens s’amusent à rechercher le fétiche contre moi, j’ai toujours souri, méprisé cela. Ils sont incapables de m’avoir par le fétiche. (Applaudissements très nourris). »
Donc il ne s’agit pas d’un simple scapulaire ou d’une médaille à l’effigie de Sainte Thérèse de Lisieux.
On retrouve d’ailleurs le fétiche partout, dans la vie courante, en Côte d’Ivoire [4]. Ainsi, dans les écoles « parmi les élèves possesseurs de “gbass”, il y a la catégorie de ceux pour qui le fétiche constitue

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