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aux citoyens partout où ils sont ».
Le constat d’échec total sur ce plan aura pour cadre le VIIe Congrès du P.D.C.I., en 1980 : il y a non seulement exode, mais « exode rural accentué et un vieillissement de la population rurale qui met en péril l’avenir » [26].

La neutralisation de l’intelligentsia

Dès le départ et jusqu’aux “complots” de 1963, la volonté du gouvernement ivoirien de freiner l’épanouissement de la couche sociale formée par les intellectuels - faits et chiffres le prouvent - paraît évidente. Le contentieux entre M. Houphouët-Boigny et les fonctionnaires en particulier remonte, il est vrai, aux temps héroïques quoique éphémères de la lutte anti-coloniale. Et même avant.
Félix Houphouët-Boigny n’a jamais eu, à ma connaissance, une bien grande sympathie pour les intellectuels. Pour différentes raisons plus ou moins valables et tenant au contexte de sa propre vie.
Chronologiquement, on trouve d’abord une cause ethnico-sociale. En effet, les « Agnis d’Aboisso… placés sur le chemin de la conquête, avantagés par les premiers bienfaits de la civilisation parce que scolarisés avant les autres, considéraient… que tout ce qui pouvait amener les autres races de la Côte d’Ivoire à un niveau d’émancipation et de culture supérieur, menaçait un monopole de fait » [27]. La première tentative d’évangélisation des Agnis, par les Capucins, remonte en effet à 1637 [28]. Donc les Agnis - concurrents des Baoulés et à ce titre soutiens ô combien vacillants de M. Houphouët-Boigny en 1945-1950 - jouissaient d’une primauté culturelle.
Autre fait évident, ses principaux adversaires politiques du temps du Syndicat Agricole Africain et du R.D.A., s’appelaient Dignan Bailly (publiciste), Kouame Binzème (avocat), Amon d’Aby (écrivain), etc. Donc des intellectuels.
Il ne faut pas sous-estimer non plus, dans le cas d’Houphouët-Boigny, le complexe du “médecin africain”, du jeune homme frustré par le système colonial, freiné sur le chemin du savoir au niveau du Brevet, devant les premiers détenteurs de diplômes universitaires de la fin des années 1950, les Donwahi, les Amadou Koné, les Boka, etc.<br

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