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l’on tient compte que des avoirs visibles, disent-ils, ce sera une fois de plus le gros planteur qui sera favorisé parce qu’il a plus de terres, plus de semences et qu’il sait mieux présenter son cas [...] Si le crédit n’est accordé qu’en fonction de la fortune existante et non les besoins, le petit planteur sera sacrifié… Et il ne lui restera plus que la solution du prêteur privé, avec les dangers que cela comporte… On a coutume de dire aussi que le Crédit agricole ne prête qu’aux riches. Pourrais-tu nous dire ce qu’il y a de vrai là-dedans ? » [22].
Il est difficile de répondre à cette question ou encore d’y échapper, puisqu’elle est sur les lèvres de tous les petits planteurs. D’où la réponse de l’animateur :
« … Le Crédit agricole ne prête pas qu’aux riches, mais aux planteurs dignes d’intérêt. Sans doute ces derniers sont bien souvent déjà des planteurs aisés, influents dans leur village ou leur canton… » [23].
A cette époque déjà, le gouvernement se désintéresse du sort de la C.N.C.A. En effet dans son rapport d’activité de 1967, la véritable « banque » des paysans signalait que « depuis 1964, la C.N.C.A. n’a plus reçu ni dotation, ni subvention d’équilibre du gouvernement ». Le rapport relevait de plus que ses interventions dans le domaine de l’équipement et du développement agricoles avaient été « embryonnaires ».
Pour remplacer la C.N.C.A. en pleine déconfiture, la Loi n° 68-08 du 6 janvier 1968 créera la Banque Nationale de Développement Agricole (B.N.D.A.). Le nouvel organisme sera un « établissement bancaire d’intérêt national régi par le Droit des sociétés par actions ».
Une analyse succincte de ses objectifs, tels que rapportés par le numéro spécial de Fraternité-Matin de juin 1971, montre bien que le but avéré du nouvel organisme - mettre le crédit à la portée des petits producteurs - ne pouvait toujours pas être atteint. Ainsi, « le crédit sans garantie est le crédit cadeau… ». Bien entendu…
Comme garantie du crédit, l’organisme spécialisé demande soit « la caution d’une personne physique, ou morale solvable », soit « une hypothèque sur les biens immatriculés ». Or, nous l’avons déjà relevé, les propriétés immatriculées représentent à peine 0,1 %

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