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général du P.D.C.I. lors d’une tournée, etc. En échange de dizaines d’hectares de forêts ou de brousse qui seront défrichés et mis en valeur en quelques mois grâce aux bons soins de Motoragri [12].
Même phénomène pour le cadastre dont la création avait été décidée par la Loi des Finances du 17 février 1962. Ce service n’existe toujours pas. D’aucuns parlent des difficultés de l’entreprise. Selon une autre hypothèse, un cadastre aurait permis de répertorier l’étendue des propriétés des hommes au pouvoir. Résultat ? en 1975, « moins de 1/1 000 du territoire national est utilement immatriculé ».
A cause de cette carence, il est impossible aujourd’hui de vérifier si réellement le président Houphouët-Boigny possède 15, 20, ou 50 000 hectares de plantations, de rizières, etc., et si l’étendue des propriétés de M. Philippe Yacé, alors président de l’Assemblée nationale, dépassait, en 1969, comme le pensait un ministre bien placé pour le savoir, celle du chef de l’État.
L’absence d’un code domanial et d’un cadastre, jointe à l’omniprésence de l’État, semblent avoir hâté la liquidation des relations foncières de type communal et leur remplacement par des rapports de production capitalistes concrétisés par la création de grandes propriétés foncières. Les hiérarques du régime ont pu ainsi agrandir leurs domaines, les petits chefs coutumiers ne pouvant en effet faire prévaloir leurs droits face à des ministres, des directeurs de sociétés d’État, des préfets ou des sous-préfets.
Cette politique volontariste, tendant au renforcement de la grande propriété foncière, ira de pair, avec la marginalisation relative mais constante de la petite paysannerie.
On le sait, chacune des déclarations du président Houphouët-Boigny constitue, en soi, un hymne - ou mieux, une hymne - à l’agriculture, aux paysans. Il considère la formule « Président-paysan » comme « mon plus beau titre » [13].
« Le premier devoir de mon gouvernement », disait-il lors de sa déclaration d’investiture devant l’Assemblée législative en avril 1959, « sera d’accorder, aux masses rurales, une attention particulière et affectueuse » [14].
Il

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