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1946, le Comité électoral du syndicat des planteurs africains décide de se transformer en Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (P.D.C.I.) [50].
En tout état de cause, le moment paraît propice puisque cette décision suit de peu la promulgation de la loi sur l’abolition du travail forcé et le retour du gouverneur Latrille en Côte d’Ivoire. La naissance du P.D.C.I. s’insère également dans le cadre historique de la prise de conscience politique d’autres pays d’Afrique : le N.C.N.C. (National Council of Nigeria
and Cameroons), et l’U.G.C.C (United Gold Coast Convention) avaient vu le jour en 1944, suivis à quelques mois de distance par le Kenyan African Union. Mais seul parmi tous ces partis, le P.D.C.I. a une direction terrienne et non intellectuelle.
Quelle est sa doctrine ? Le rejet, quelque peu mitigé de toute lutte de classes entre Africains, puisque « toutes les couches sociales sont plus ou moins exploitées et qu’elles doivent s’unir dans leur lutte contre les exploiteurs communs ». Précisant davantage son concept, M. Félix Houphouët-Boigny déclare :
« En… Côte d’Ivoire… les plus gros producteurs, les chefs traditionnels les plus importants… sont les piliers de notre mouvement… Ces hommes qui sont exploités certes, mais qui représentent une couche sociale déterminée, la bourgeoisie africaine, exploiteuse elle-même dans une certaine mesure… ».
Fait caractéristique, cette thèse est, à ce moment, celle de la section coloniale du Parti communiste français.
Les adhérents affluent autour du champion des Noirs, du premier Noir qui ait réussi à affronter avec succès la morgue des colons. En octobre 1946, le nouveau parti annonce 65 000 membres, 271 000 en 1947, 800 000 en 1949, et - chiffre plus douteux - 1 100 000 en 1951.
Face à lui, le « Parti Progressiste de la Côte d’Ivoire » regroupe « des fonctionnaires, des employés de commerce, quelques intellectuels, des notables issus pour la plupart des régions du sud et du sud-est » [51]. Le programme de ses dirigeants - Kacou Aoulou, Kouamé Binzème, Tidiane Dem - au-delà des relents régionalistes se limitait à « l’anti-communisme sommaire et (au) loyalisme total à l’égard de la colonisation ».
Pour M. Mamadou Coulibaly, vétéran du P.D.C.I. et

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