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forcé avaient été enrôlés, à la même époque, pour la cueillette.
Le 25 mars 1945, lors de son intervention devant les membres du S.A.A., Houphouët avait mis également en relief l’importance de présenter le salaire journalier de 20 francs comme une forme de métayage [37] pour lequel d’ailleurs, le travailleur volontaire pouvait opter. Il déclarait en effet tranquillement et peut-être avec un brin de cynisme :
« Après de nombreuses discussions, nous avons adopté la formule en honneur en Gold Coast et même dans l’Indénié avant la guerre : le métayage qui donne au travailleur la douce illusion d’être copropriétaire, et qui résout admirablement la question de rendement » [38].
Le recours au salariat ou au métayage a un autre avantage : il signifie tôt ou tard l’élimination des planteurs européens, surchargés de frais généraux, de l’arène des plantations de café et de cacao. Or « c’est… pour ces deux cultures que nous avions créé le Syndicat », précisera bien plus tard M. Joseph Anoma. C’est donc au tour des planteurs européens d’être poussés vers l’abîme.
Là aussi, Houphouët ne camoufle pas cet aspect de son combat. Au contraire. Il part du principe que planteurs français et autochtones ont des intérêts divergents. Il le précise : le facteur racial n’a rien à y voir. Il s’agit « d’intérêts de classes » [39].
Il donne lui-même à son combat un contenu strict de classes : planteurs ivoiriens appuyés plus ou moins par les masses, contre planteurs français épaulés plus ou moins par l’administration coloniale surtout au niveau métropolitain. Cette dernière proposition est importante car, sur place, en Côte d’Ivoire, le gouverneur Latrille soutient plutôt les planteurs africains et n’accorde guère de faveurs aux colons. De plus, il ne cache pas son profond dégoût pour ces derniers, pour leurs prétentions à la fois infondées et exorbitantes [40].
Dans cette phase

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