Avertissement: Ce site n'est plus maintenu à jour. Vous pouvez continuer à le consulter en archive.
La politique intérieure d’Houphouët-Boigny
Le héraut des planteurs

Gestation d’une classe nouvelle


La conquête des pays ivoiriens, ou si l’on préfère la soumission des différentes tribus, fut laborieuse, malaisée, sanglante. Constitué en colonie par un décret du 10 mars 1893, le territoire sera sillonné d’expéditions militaires jusqu’en 1915. Les rébellions se multiplient, mais sur des bases parcellaires, restreintes. Ainsi entre 1900 et 1912 « les 23 tribus du grand pays baoulé… se révoltent, chacune pour son compte personnel… et pourtant toutes ces tribus… auraient eu de solides raisons de se fédérer. Il faut croire que le sentiment tribal demeurait le plus fort au sein de ces sociétés… » [1]. La dissidence en pays baoulé restera à l’état endémique de 1898 jusqu’aux opérations de la colonne Levasseur en 1911. En 1910, la révolte gronde à Agboville, à la limite de la région côtière, comme à Danané, à la frontière libérienne ; plus au nord, Touba ne sera écrasée qu’en 1912. Escarmouches et embuscades se poursuivront un peu partout jusqu’en 1915.
La presse de l’époque, ou plutôt la seule publication - La Côte d’Ivoire - des premières années de la colonie se fait l’écho de cet état de rébellion permanent. On lit dans sa livraison datée du 10 mars 1909 :
« Il est inadmissible que les indigènes à une journée de marche de Dabou refusent de reconnaître notre autorité. Ils se rappellent que naguère ils massacraient les nôtres et, fiers de ce succès, entendent garder leur indépendance ».
Quatre ans plus tard, on y lit encore : « L’autochtone nous supporte difficilement ; la crainte que nous lui inspirons est le commencement de la sagesse ».
Cette volonté de résistance à la pénétration française va jusqu’à l’exécution par les membres d’une tribu donnée de ceux de ses chefs favorables à la collaboration avec le colonisateur. Devant la commission spéciale d’enquête créée par l’Assemblée nationale française, à la suite d’une série d’incidents sanglants [2], le député Houphouët-Boigny, pour prouver qu’il n’est pas « anti-français »

Creative Commons License Fonds d’archives Baulin (http://www.fonds-baulin.org), développé par Résurgences, est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons : Paternité-Pas d’Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France.
Plan du site
Site propulsé par l'Atelier du code et du data, chantier d'insertion numérique