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La politique africaine d’Houphouët-Boigny
Postface

Si, comme on l’affirme, le résultat final constitue le seul critère du succès en politique, l’échec du président Houphouët-Boigny paraît total en Afrique avec la fin de la sécession biafraise. A partir de 1970, son isolement, l’absence de tout impact sur le devenir du Continent, ira en se précisant au fil des années.
Son ultime tentative de réoccuper sa place sur la scène africaine - en proposant le « dialogue » avec l’Afrique du Sud - débouchera, elle aussi, sur un échec et accentuera davantage sa solitude.
Pourquoi se lance-t-il, dix mois après la fin peu glorieuse de l’aventure biafraise, dans une bataille à l’issue on ne peut plus incertaine ? Pour trois raisons semble-t-il.
La première, on la trouve dans une analyse pertinente de M. Gilbert Comte, observateur chevronné de l’Afrique francophone et publiée dans Le Monde Diplomatique.
« Les difficultés du dialogue, écrit-il, expliquent évidemment mal la persévérance de M. Houphouët-Boigny à le faire aboutir. Mais il reste aussi une disproportion extraordinaire entre la richesse de son pays et l’isolement politique où il se trouve depuis son intervention au Biafra. Voilà cinq ans, la Côte d’Ivoire inspirait les démarches de l’Afrique francophone. Aujourd’hui, elle ne peut même plus prétendre influencer la Haute-Volta. Pour sortir de cette impuissance, conclut l’auteur, M. Houphouët-Boigny a voulu frapper un grand coup, au risque de se mettre dans une situation encore plus difficile. »
En somme, le chef d’État ivoirien cherche à « rendre un rôle à la Côte d’Ivoire ».
La seconde explication, sans doute complémentaire de la précédente, est fournie par West Africa. Partant de la visite rendue par M. John Vorster, Premier ministre du pays de l’apartheid à son collègue M. Chaban-Delmas, au début de juin 1970, et la vente par la France à l’Afrique du Sud de l’armement que lui refusaient la Grande-Bretagne et les États-Unis, l’hebdomadaire spécialisé londonien prévoyait dès juin 1970, « une percée imminente de la République sud-africaine en Afrique francophone » [1]. Cette thèse sera reprise par le Times de Londres et Le Nouvel Observateur de Paris.
La volonté de rendre service à l’Afrique du Sud en récompense de son aide à

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