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/>M. Sékou Touré commet, à ce moment, une troisième erreur en la présentant comme un organisme confédéral devant « déboucher le plus rapidement possible sur une forme d’État unitaire ». Or, M. Houphouët-Boigny reste résolument hostile à toute velléité unitaire et même à tout regroupement concurrent.
Le mercredi 27 mars, à sa sortie de l’Elysée, le président Houphouët-Boigny annonce aux journalistes qu’au cours d’une seconde entrevue avec le général De Gaulle le samedi 30, ils aborderont « notamment les problèmes des regroupements qui ont vu le jour récemment en Afrique dans la mesure où ils servent l’unité africaine et le rapprochement entre les Africains ».
Le 6 avril, M. Senghor arrive, à son tour, à Paris. Selon le leader sénégalais, il est naturel de travailler « pour la reprise des relations de toutes sortes, et non pas seulement diplomatiques, entre la France et la Guinée, quatrième partenaire de l’O.E.R.S. ». Le 8, il rencontre le président Houphouët-Boigny à Paris. Il y sera question de la Guinée, de la coopération Entente-O.E.R.S. ; et aussi de la conférence de Monrovia du 22 avril qui doit réunir les chefs d’État de l’Afrique de l’ouest : la Côte d’Ivoire y participera-t-elle, avec la Guinée, comme l’avait laissé entendre M. Usher Assouan lors d’une conférence de presse ? Le 18 avril, le président Senghor déclare à sa sortie de l’Elysée avoir - « comme c’était son devoir » - évoqué avec le chef de l’État français les rapports franco-guinéens. Il lui avait fait valoir, précise-t-il, que l’appartenance du Sénégal à l’O.E.R.S. « ne peut laisser la France indifférente ».
Peine perdue. Son poids auprès de M. Foccart et du général de Gaulle est loin d’équivaloir celui de M. Houphouët-Boigny. Surtout en ce mois d’avril 1968, quand vient d’être prise la décision d’une action commune d’envergure en faveur du Biafra [40].
Sûr de lui, le président Houphouët-Boigny boycottera, de plus, la conférence de Monrovia.
L’intervention de M. Senghor, celui-ci devra le reconnaître, n’aura aucune suite positive.


Le bilan de dix années d’efforts continus et inutiles de la Guinée pour renouer avec Paris, pour faire face au harcèlement d’Abidjan, pour sortir de l’isolement, apparaît franchement négatif. L’impasse est totale. Elle crée, à son tour, un

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