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côté français.
Pour le correspondant du Figaro [39] à Dakar, le chef de l’État ivoirien a en effet son mot à dire dans la reprise des relations franco-guinéennes.
En dépit du caractère entier du général de Gaulle, l’influence du président Houphouët-Boigny est-elle aussi grande auprès du président de la République française ? Au point d’avoir son mot à dire dans la politique africaine de la France ? La réponse à ces questions est positive. Elle est confirmée par le président Houphouët-Boigny lui-même, au début d’octobre 1967. « Ce n’est certainement pas la Côte d’Ivoire ni moi-même qui ferons quoi que ce soit pour nous opposer à l’amélioration des relations entre la France et la Guinée », affirme-il publiquement. Il admet du même coup, disposer du pouvoir d’entraver la normalisation des rapports entre les deux pays.
Dans quel sens va donc s’exercer l’influence d’Abidjan ?
La réponse à cette question vient sous la forme brutale d’un communiqué, violemment anti-guinéen, publié à l’issue du Conseil national, réuni le 16 novembre 1967 sous la présidence du chef de l’État ivoirien. Il est, dans sa quasi-totalité, consacré à l’affaire Kamano ; or l’intéressé a été libéré près de deux mois auparavant et le président Houphouët-Boigny est rentré à Abidjan depuis trois semaines... Le Conseil national y dénonce, entre autres,« le plan diabolique de diversion ourdi par Sékou Touré..., stigmatise et flétrit les moyens perfides qu’il a mis en oeuvre..., condamne énergiquement ... les méthode ignobles [du] régime de Sékou Touré... » .
D’un tel contexte, on peut déduire, semble-t-il, l’hostilité du président Houphouët-Boigny à tout rapprochement franco-guinéen.


Pour essayer de sortir de l’impasse, le président Sékou Touré joue à fond la carte Senghor. Ce faisant, il commet, à l’évidence, une double erreur ; il surévalue l’impact de M. Senghor à Paris et sous-estime l’animosité persistante d’Abidjan envers Dakar. Quoi qu’il en soit, pour être agréable au président Senghor, M. Sékou Touré reçoit, le 24 mars 1968, à Labé, en territoire guinéen, les chefs d’État du Mali, du Sénégal et de Mauritanie. Ils décident de créer enfin ce « sous-groupe régional », désiré depuis si longtemps par M. Senghor, et baptisé « Organisation des États riverains du fleuve Sénégal » (O.E.R.S).<br class=’manualbr’

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