d’État aurait parlé moins de trente minutes et aurait fait seulement une apparition d’une demi-heure au cocktail de l’ambassadeur guinéen. A l’appui de ces dires, le président me remet une photocopie de la note de l’ambassade ivoirienne de Washington, datée du 9 mai.
Le président ivoirien, pensif, ajoute toutefois que jamais aucun secrétaire d’État américain n’avait consacré tant d’heures à des entretiens avec des responsables africains, fussent-ils chefs d’État, ni pris la peine de se déplacer à un cocktail offert par un ambassadeur africain.
Il est donc décidé de lancer à nouveau une action similaire à celle de l’année précédente.
Elle est préparée avec beaucoup de soins. La séquestration de M. Béavogui à Abidjan, à la veille de mon départ pour Washington, ne facilitera guère mes contacts avec le Département d’État. Mais, pour la seconde fois en deux ans, ce dernier sortira vaincu de son affrontement avec le Congrès et la presse : il n’obtiendra pas les crédits demandés pour la Guinée [38].


Le président Sékou Touré accuse le coup. Il se trouve acculé. Désespérant de pouvoir surmonter le double obstacle de la presse américaine et du Congrès, et cherchant des crédits indispensables à son économie, il se tourne vers la France.
Le 2 octobre 1967, à la séance de clôture du VIIIe Congrès du P.D.G., il fait part de son désir de « rétablir avec la France une coopération honnête et fructueuse... ». Il cherche, affirme-t-il, à « réduire l’incompréhension qui existe dans nos rapports avec la France ». Paris ignore ces avances.
Donnant une nouvelle preuve de bonne volonté, M. Sékou Touré accepte de participer, au début de novembre 1967, après des années de boycottage, à la réunion de Bamako des chefs des États riverains du fleuve Sénégal, un projet particulièrement cher au coeur du président Léopold Sédar Senghor. A la fin des travaux de la Conférence, le chef d’État réaffirme sa « volonté d’une reprise avec la France par une coopération confiante qui sauvegarde nos intérêts réciproques, une coopération étendue à tous les secteurs ». Le 9 novembre, le président Sékou Touré déclare « souhaitable que la Guinée sache quelle est l’intention de la France, si, oui ou non, la France est favorable à la coopération avec la Guinée... »
Ces appels réitérés ne soulèvent toujours aucun écho du

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