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République entre. Une peine contenue semble se lire sur son visage si sympathique. Plusieurs fois, au cours de son discours, il nous dira combien il est peiné de devoir répondre ainsi à un "frère" ».

Le président Houphouët-Boigny s’explique longuement. M. Mamadou Touré - le promoteur du nouveau Parti guinéen - lui a été présenté, déclare-t-il, par M. Sékou Touré en personne, comme son propre cousin. La Côte d’Ivoire avait expulsé M. Mamadou Touré à la suite du « non » de la Guinée en 1958. Quant à M. François Kamano [21] , « le seul vrai ami de M. Sékou Touré » en Côte d’Ivoire, il avait été arrêté à Abidjan, pour complot contre le régime ivoirien, puis libéré, affirme-t-il, à la demande du leader guinéen. Il aurait été bien naïf, conclut-il, de s’en remettre à ces deux personnes pour monter un complot contre le régime guinéen.
La riposte guinéenne prend la forme d’un coup de théâtre : M. François Kamano avoue lui-même, au micro de Radio-Conakry, avoir été convoqué par le président Houphouët-Boigny, le 30 août précédent, et avoir reçu de lui un paquet à remettre précisément à à M. Mamadou Touré. Le paquet, ouvert par ce dernier, contenait 30 000 000 de francs C.F.A. destinés, dit M. Kamano, « à recruter des étudiants, des commerçants et quelques soldats pour renverser le régime guinéen ».
Dès le lendemain, Fraternité-Matin titre sur huit colonnes : « Kamano a parlé sous la torture. »
De plus, la guerre des ondes entre Abidjan et Conakry glisse du domaine politique vers les alcôves. Le président Yaméogo n’avait-il pas accusé le leader guinéen de s’approprier les épouses de ses ministres ? Et dans son discours du 15 novembre, M. Sékou Touré n’avait-il pas reproché à M. Houphouët-Boigny, entre autres, d’avoir « acheté une femme en Guinée pour des millions de francs » ? Le rapport de la commission d’enquête dirigée par M. Maka, président de l’Assemblée nationale guinéenne donne encore plus de détails à ce sujet et tient à préciser :
« On sait que Kamano Kata François a d’autres affinités avec Houphouët-Boigny. Sa belle-soeur, Rallou Miloyanis, qu’il est venu détourner de ses études à Conakry, était singulièrement fiancée à l’ex-ministre ivoirien Koné Mamadou, cette autre victime d’Houphouët [<a href=’#nb22’

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