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Houphouët-Boigny prend pour la première fois, à titre individuel, position sur la crise congolaise : il récuse « la prétention de certains États africains à vouloir s’immiscer dans les affaires intérieures du Congo, pour imposer telle ou telle personnalité à la direction des affaires ».
M. Kasavubu, pour sa part, fort de l’appui de ses pairs francophones, élève la voix, dénie à M. N’Krumah « le droit de parler au nom de toute l’Afrique... [et] au nom du Congo », et lui demande d’adopter une position de neutralité vis-à-vis du problème congolais. Le Dr N’Krumah lui répond, méprisant :
« En tant que nationaliste africain franchement opposé à toute forme de colonialisme en Afrique, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour éviter cela, même contre des frères africains qui choisiront d’être des fantoches » [6].
Mais la cause est entendue. Les efforts du Dr N’Krumah sont voués à l’échec. Le président Houphouët-Boigny soutenu par “le monde libre” a réussi à assurer la défaite de son adversaire. Le prix à payer sera toutefois élevé. En effet, la crise du Congo provoquera un tournant dans la politique ghanéenne. Le général anglais H.T. Alexander, chef d’état-major de l’armée ghanéenne, écrira à ce propos :
« La crise du Congo produisit un changement fondamental de la position du Ghana vis-à-vis de l’Occident » [7].
Effectivement, de retour d’un voyage à Moscou et à Pékin, en septembre 1961, le Dr N’Krumah déclara aux diplomates venus l’accueillir : « J’ai perdu les quatre dernières années de ma vie. » Cette phrase sera interprétée « comme une condamnation de l’Occident » [8].

La deuxième phase de la lutte entre les deux hommes d’État aura pour thème l’organisation de l’Afrique. L’Ivoirien réussira à assurer le triomphe de son concept confédéral. Au demeurant, aucun des nouveaux chefs d’État n’est prêt à abandonner les délices du pouvoir souverain, aucun n’a de vocation pour les seconds violons. Au fond, n’est-ce pas là l’un des aiguillons de tous les mouvements

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