Avertissement: Ce site n'est plus maintenu à jour. Vous pouvez continuer à le consulter en archive.

d’origine nettement politique. Le 7 janvier 1959, toute la région est secouée par de violents incidents avec leur cortège de tués, de blessés, d’incendies. Le 12 février, le roi Amon Ndouffo III demande la garantie de l’intégrité du territoire sanwi ; à cette fin, il envoie, le 1er mars, deux plénipotentiaires à Paris pour y rencontrer le général de Gaulle. Le 12 avril suivant, contrairement au pourcentage national, seuls 3 202 électeurs, sur 14 831 inscrits, participeront aux élections législatives. Le 3 mai 1959, c’est l’annonce de la constitution d’un “gouvernement du Sanwi”. Ses promoteurs, inculpés d’atteinte à la sûreté de l’État, sont poursuivis. Certains des principaux responsables se réfugient au Ghana.
Ce droit d’asile, le Dr N’Krumah avait promis de l’accorder aux seules « personnes de race noire qui se sentent persécutées par les autorités coloniales ou autres autorités non-africaines » [4]. Ce n’était certainement pas le cas. Son geste empoisonnera définitivement l’atmosphère entre les deux pays. Le président Houphouët-Boigny posera dorénavant comme préalable à tout rapprochement, la remise de ces réfugiés aux autorités ivoiriennes.
Abidjan accuse M. Kwame N’Krumah de multiplier les déclarations annexionnistes. Et en particulier d’avoir déclaré, le 24 janvier 1960, l’absence de raisons valables susceptibles d’empêcher cette région de la Côte d’Ivoire de rejoindre le Ghana. Le président Houphouët-Boigny se fâche. Et, le 8 février 1960, pour la première fois, il attaque nommément et violemment le Dr N’Kruma, au micro de “Radio Abidjan”. À la même date, la presse annonce la création, au Ghana, d’un “gouvernement provisoire en exil” du Sanwi ; elle rapporte également une déclaration particulièrement explosive de M. Ernest Attié, devenu “Premier ministre du Sanwi” : « Nous sommes originaires du Ghana, dit-il. Nous voulons nous réunifier avec cet État... Sanwi, État indépendant depuis plus de trois cents ans, n’a pas été conquis par la France ou Houphouët-Boigny. »
La résonance de la campagne anti-ivoirienne du président N’Krumah se trouve amplifiée par la campagne contre la France axée sur la lutte armée en Algérie et surtout l’explosion expérimentale du premier engin nucléaire français au Sahara : le 12 février, M. N’Krumah annonce le blocage des biens de toutes les sociétés françaises au Ghana.
Sur le plan du Sanwi, la riposte ivoirienne consistera à faire condamner, le 4

Creative Commons License Fonds d’archives Baulin (http://www.fonds-baulin.org), développé par Résurgences, est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons : Paternité-Pas d’Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France.
Plan du site
Site propulsé par l'Atelier du code et du data, chantier d'insertion numérique