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africain... ».
À cette époque, le Dr Busia n’a pas encore rencontré le président Houphouët-Boigny. De toute évidence, le contact établi entre lui et le chef d’État ivoirien, à travers un ou plusieurs émissaires des services ad’hoc de l’Elysée, ne lui paraît pas assez efficace, à moins qu’il n’interprète cette absence d’efficacité comme une manifestation de mauvaise volonté. En tout cas, le 24 avril, grâce à un ami londonien commun, il me rencontre à Paris. Il me dit avoir séjourné par deux fois à Abidjan, avoir été reçu par le président Denise, mais jamais par le chef de l’État, contrairement au président Senghor qui l’a reçu à plusieurs reprises. Il désire rencontrer le président Houphouët-Boigny « à n’importe quelle condition ». Il « approuve entièrement l’attitude de la Côte d’Ivoire et des autres pays du Conseil de l’Entente » envers le Ghana.
Sur un autre plan, mais à la même époque, M. Kwesi Armah, haut commissaire ghanéen à Londres, essaie de prendre, lui aussi, contact avec le président Houphouët-Boigny. Le leader ivoirien rejettera la demande du diplomate ghanéen, car, me dit-il, « N’Krumah ne capitulera pas tant qu’il aura l’espoir d’une quelconque médiation ».
Devant cette attaque généralisée et multiforme, l’Osagyefo paraît en plein désarroi. Il nie toute participation directe ou indirecte à la tentative d’assassinat.
Hamani Diori l’ayant nommément mis en cause, le président Kwame N’Krumah lui envoie une lettre personnelle où, après l’avoir félicité d’avoir échappé à l’attentat, il écrit :
« Je voudrais vous dire que j’ai été bouleversé et horrifié par la déclaration que vous auriez faite, affirmant que j’ai personnellement quelque chose à voir avec cet incident.
« Si cela était confirmé, alors tout ce que je pourrais dire, c’est que... les ennemis de l’Afrique elle-même doivent être les responsables de cette intervention, dont le seul but est de semer la discorde entre nous » [20].
Personne n’attache foi à ces protestations d’innocence. Le président Diori le dit brutalement. Par ailleurs, les dirigeants du Nigeria, de la Sierra Leone, et du Liberia, comme ceux de Conakry et de Bamako, se cantonnent dans une prudente expectative.
Tout indique un conditionnement suffisant de l’opinion publique. Le président Houphouët-Boigny jette alors dans la balance

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