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États- Unis où il s’est consacré à la tâche d’accumuler les diplômes universitaires : il a le titre de Docteur ès-Lettres ; il a étudié ou étudie au London School of Economics [2] ; mais par contre son palmarès ne comprend aucun fait notable dans la domaine de la lutte contre l’administration coloniale ; son bilan d’action militante est dérisoire puisqu’il ne dépasse pas le stade d’une nomination au secrétariat du “Ve Congrès Panafricain” réuni à Manchester, en Angleterre, en octobre 1945.
En 1947, M. Houphouët-Boigny, lui, est déjà un élu ; il a déjà attaché son nom à l’abolition du travail forcé ; il est déjà un leader prestigieux en A.-O.F., même s’il n’a aucun diplôme universitaire, même s’il n’a pu dépasser, pour des raisons indépendantes de sa volonté, le niveau de “médecin africain”.
Mais moins de dix ans plus tard, la colonie de la Côte de l’Or devient l’État indépendant et souverain du Ghana. Pour la première fois en Afrique noire, on assiste à l’accession d’une ancienne colonie à l’indépendance. M. N’Krumah jouit d’un prestige incontesté sur tout le Continent. Le Ghana, pense t-il, doit « montrer la voie aux autres territoires dépendants » [3].
Bien entendu, cela ne fait pas l’affaire du leader ivoirien du R.D.A. : on en est encore, en A.-O.F., à la Loi-Cadre et lui-même continue de croire à la possibilité de construire un ensemble franco-africain harmonieux. Dans un tel contexte, on comprend mieux ce qui a pu pousser M. Houphouët-Boigny à manifester son déplaisir au Dr N’Krumah, en déclinant l’invitation de ce dernier à se rendre aux fêtes de l’indépendance du Ghana.
Pire, le Dr N’Krumah cherche, semble-t-il, à exporter sa conception du bonheur, de la dignité et du progrès de l’homme africain... Dans son discours devant l’Assemblée nationale, il réaffirme sa volonté d’aider tous les pays africains « dans la recherche de l’indépendance et du progrès social ». Il inquiète encore plus en voulant faire du Ghana un pôle africain, voire mondial. Il parle, le 8 mars 1957, de réunir une conférence panafricaine groupant les huit États alors indépendants du continent. Il fait part deux jours plus tard au Sunday Times de son accord avec M. Senghor et d’autres dirigeants

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