M. Moïse Tshombé.
Mais bien vite, le dessein de M. Houphouët-Boigny et de ses amis, apparaît sous un jour beaucoup plus ambitieux : le Congo-Léopoldville devient, en mai 1965, un membre à part entière de la toute nouvelle Organisation commune africaine et malgache [14].
C’est un défi ouvert à l’O.U.A., mais aussi à Washington et à Bruxelles. Pour essayer de calmer, semble-t-il, les appréhensions du gouvernement belge devant cette amitié envahissante du groupe francophone envers le Congo, le président Houphouët-Boigny décide, le 7 juillet, à l’improviste, de se rendre à Bruxelles. On l’y décore du Grand Cordon de l’Ordre de Léopold II [15], mais il en reviendra avec un net sentiment de malaise.
Effectivement il en faut davantage pour amadouer les rapaces. De plus, contrairement à l’organisation africaine, les deux capitales ne sont pas désarmées. M. Tshombé est démis donc de ses fonctions le 13 octobre 1965. On lui reprochait sans doute d’avoir dépassé le stade du simple flirt, avec la France et les amis africains de la France [16].
M. Tshombé destitué, cinq mois après l’apothéose de son admission théâtrale à l’O.C.A.M., le président le remplace par M. Evariste Kimba. Foccart lui est hostile, mais le quai d’Orsay le favorise [17].
Dix jours plus tard, le président de la République congolaise, « auréolé de sa victoire sur M. Tshombé », participe, ô ironie du sort, à la conférence au sommet d’Accra, boycottée par le président Houphouët-Boigny et certains de ses amis de l’O.C.A.M. Il s’en prend aux mercenaires, accuse l’ancien Premier ministre d’avoir voulu en faire l’instrument de sa politique personnelle, et s’offre le luxe de proclamer :
« Nous sommes avant tout membres de l’O.U.A. La fidélité à cette organisation prime les autres. »
Quelques semaines encore, et le coup d’État

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