favorables à ses projets... Il ne repartira pas les mains vides... »

Le lendemain, une bonne surprise : la délégation canadienne chargée de discuter des problèmes de la coopération économique n’est plus dirigée par M. Gaudefroy [2] auquel je m’étais heurté à plus d’une reprise, mais par son chef hiérarchique, M. Hudon, vice-président de l’ACDI [3]. La prévenance de mes interlocuteurs indique à l’envi qu’ils ont reçu des instructions de M. Marc Lalonde. Mais ils restent inébranlables quant au fond. De plus, leurs dossiers sont à jour et ils me citent, avec un plaisir évident, une longue litanie de demandes de renseignements adressées à Niamey et restées sans réponse. Et la Route ? Quel qu’en soit le coût, disent-ils, elle n’est pas rentable... Mais, ils me le certifient, les études continuent.

Le 14 septembre, c’est-à-dire une dizaine de jours après le retour au Canada de sept journalistes invités par le Président à visiter le Niger, Mai Maigana et moi-même débarquons une fois de plus à Montréal. Le Président, lui, arrivera trois semaines plus tard pour une longue visite du pays. La première Conférence de Niamey date de plus de six mois et pourtant, l’ensemble de la presse canadienne chante toujours les louanges du Niger. « Jamais visite de chef d’État, nous dira le conseiller de M. Trudeau, n’a provoqué un aussi grand mouvement de curiosité. »

À partir du lundi 15 septembre, Mai Maigana et moi-même aurons plusieurs réunions par jour avec les responsables de l’ACDI. Ils sont à l’évidence sur la défensive : dans un pays unanimement favorable au Niger, ils se sentent isolés. Nous passons en revue tous les projets de développement : prospection aérienne, protection des végétaux, collège Mariama, phosphates, barrage hydroélectrique du W [4], etc.

La Route. Au niveau supérieur, c’est à qui nous fournira des arguments ou défendra notre cause. Ainsi, lors d’une discussion sur sa rentabilité, nous rapporte-t-on, M. Richard Gervais, adjoint spécial au Secrétaire d’État aux Affaires extérieures, avait relevé que dans « Route de l’Unité », le second substantif était plus important que le premier. Donc primauté du politique sur l’économique. Un anglophone,

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