Décrivant ensuite « l’impression retirée de ces longues discussions », je note :
«  Du haut en bas de la hiérarchie du peuple israélien, s’il y a une expression pour dénoter leur état d’esprit, c’est : « la victoire leur est montée à la tête... » Ils sont devenus militaristes dans la mesure où ils pensent qu’ils sont les plus forts et qu’ils le resteront... Ils sont devenus annexionnistes dans la mesure où ils ne désirent nullement utiliser leurs conquêtes territoriales comme monnaie d’échange contre la paix, mais veulent en garder une bonne partie... » [2]

En somme, un état d’esprit bien différent de ce que déclarait un an auparavant l’ambassadeur Rash lors de la présentation de ses Lettres de créance quand il relevait que « la seule alternative à la guerre et à la destruction, c’est la paix et la coopération. »

Le changement de la politique arabe d’Israël facilitera quelque peu la tâche, sur le plan humain, de Diori Hamani, lorsque viendra le temps de la rupture.

En diplomatie, comme dans ses rapports avec le Parti, l’Assemblée nationale, ses ministres et collaborateurs, le président Diori cherchait toujours à éviter les heurts, à faire preuve de souplesse, à essayer d’atteindre son objectif sans susciter d’animosité, d’antagonismes, de résistances nouvelles. Le processus de rupture des relations diplomatiques avec Israël illustre bien cette constante du Niger de jadis.

En février 1972, le chef d’État du Sénégal, M. Léopold Sédar Senghor, président de la mission des « sages africains », admet son échec dans la tentative de médiation entreprise par l’OUA dans le conflit israélo-arabe. Il en rend responsable le gouvernement de Tel-Aviv.

De toute évidence, les dirigeants africains avaient surestimé leur impact en croyant qu’Israël, ayant des relations diplomatiques avec vingt-six pays africains, hésiterait à passer outre à une pression collective africaine.

À la mi-avril, la 9e Conférence des chefs d’État de l’OUA, réunie à Rabat, sans aller jusqu’à préconiser une rupture des relations diplomatiques avec Israël, adopte une résolution dure, invitant en particulier l’État juif « à déclarer publiquement son adhésion au principe de non-annexion de territoires par la force. »

En l’absence d’écho à Tel-Aviv, la presse nigériane se déchaîne et demande aux gouvernements africains de rompre leurs relations diplomatiques avec Israël.

L’orage approche. Le président Diori en est non seulement bien

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