consacrés aux problèmes économiques. Le dernier, expliquant le contenu et le rôle de l’« État nigérien », sera plus long à naître : il porte la date du 26 décembre 1971.

Mais si la rédaction de cours idéologiques ne posait pas de gros problèmes, il en allait autrement pour la transmission des connaissances. D’autant qu’il avait été convenu d’éviter les exposés magistraux, mornes par définition, et de les remplacer par des échanges d’idées, des discussions entre enseignants et militants. Ainsi, le champ d’acquisition des connaissances serait élargi par les questions posées, les cours deviendraient plus vivants aidant à l’ancrage de notions nouvelles. Il était bien évident que ce genre d’enseignement présupposait un nombre réduit de participants.

Dans tout ce montage, on avait oublié, semble-t-il, ou du moins sous-estimé, le facteur Boubou Hama...

Le président du PPN/RDA et de l’Assemblée nationale avait toujours fait preuve d’une grande affabilité et d’une érudition certaine en tout ce qui concernait le continent africain. Face à M. Léopold Senghor, poète de la négritude, il se voulait historien et chantre de l’Afrique. Il se voulait également meilleur idéologue du parti et à ce titre, avait insisté pour avoir un droit de regard sur l’ensemble du processus de formation des cadres.

Au plan des textes rédigés par le comité de rédaction, tout s’était bien passé. À peine quelques traces de censure, quelques rajouts, non pour édulcorer les textes mais pour les « gauchiser ». En effet, les exposés préliminaires servant d’introduction à certains des cours et dus à la plume de M. Boubou Hama, comportaient des développements de caractère quelque peu subversif. Ainsi, selon le président Boubou Hama, « Lénine puis Staline, ont apporté à la science marxiste des apports (sic) décisifs... » Ailleurs il condamnait « les privilégiés... propriétaires de terres, de rentes, de charges... (et ceux) qui reçoivent des salaires supérieurs à ce qui leur reviendrait s’il y avait égalité dans le partage des travaux et des fruits. » M. Boubou Hama allait encore plus loin en proclamant que la propriété privée était « la source principale de tous les malheurs... » [5]

Mais les modifications apportées aux cours ne s’arrêtaient pas là. L’introduction d’une foule de noms propres d’écrivains, de philosophes, de sociologues, allant de Platon à Durkheim en passant par Campanella, si elle illustrait la culture du président du Parti, alourdissait la démonstration et la rendait

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