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et à préciser celles de chacun des protagonistes. J’envoyais par conséquent au Président, à son adresse de Genève où il se trouvait pour régler des affaires personnelles, une lettre recommandée datée du 16 octobre 1967, accompagnée d’une note de neuf pages intitulée "La liste de mes échecs". Après avoir rappelé la mission qu’il m’avait confiée un an auparavant, je précisais d’emblée :

"Aujourd’hui, au moment de vous présenter le bilan de mes activités, je suis navré d’avoir à vous informer que j’ai échoué...Comme vous le constaterez par la lecture du rapport ci-joint... ces échecs sont dûs, essentiellement, au manque de coordination entre les différents services ministériels, au défaut d’unicité au stade de la décision."


Bien entendu, j’informais M. Bédié - comme les responsables des


deux autres ministères - du contenu de ma lettre au Président mais refusais de lui en remettre une photocopie.


Sa manie de ramener tout à lui, ses problèmes réels ou imaginaires d’amour-propre aidant, feront que nos relations ne s’amélioront guère.
Les escarmouches iront en se multipliant. Il contrera tout simplement les projets dont il n’est pas l’initiateur et le maître d’oeuvre. Deux heurts portant sur des projets de traitement industriel du cacao et du manioc seront particulièrement symptomatiques de l’atmosphère ambiante : il s’opposera à moi aussi bien qu’aux deux ministres de l’Agriculture et du Plan qui me soutenaient.


L’affaire du blé canadien Voir chapitre "Ottawa-Paris". viendra clôturer ce chapitre tumultueux de mes relations avec M. Bédié.


Ceci dit, mes rapports avec les deux autres ministres, et surtout avec M. Sawadogo, étaient loin d’être idylliques. Avec cette différence essentielle que pour ce dernier, l’objectif n’était nullement de contrer ou de neutraliser coûte que coûte l’action d’une tierce personne. Certes les problèmes normaux de préséance intervenaient dans son attitude au sujet de telle ou telle affaire. Il n’en restait pas moins qu’ils n’ont jamais primé les intérêts de l’Etat. C’est pourquoi je n’ai jamais mis en doute sa bonne foi. Tout simplement chacun de nous croyait détenir "le vrai morceau de la vraie croix".


Mohammed Diawara était le plus détendu des trois jeunes

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