engoncés dans l’attitude hiératique, traditionnelle en Afrique. Lui, se refusait à en être l’otage.


Deuxième paramètre. Dans les mois qui suivent son accession à un poste exécutif, il s’attache à essayer de comprendre les rouages de son ministère, de se familiariser avec les problèmes financiers, la zone franc, les questions de change, etc. Très vite, il s’aperçoit qu’il lui faut des cadres expatriés. Il agit en conséquence. Sans aucun complexe. Il s’adresse donc à un ancien conseiller de son prédécesseur, M. Saller, et lui demande de recruter pour ses différents services une dizaine d’experts et économistes français rompus aux problèmes qu’il doit affronter, et dont la science lui paraît indispensable. Ils participeront à la gestion technique du ministère des Affaires économiques
et financières jusqu’à sa chute.


Troisième axe majeur d’intérêt, son collègue Mohammed Diawara, ministre délégué au Plan. Il a vis-à-vis de ce dernier une véritable réaction de rejet. Il s’obstinera à le contrer. Celui-ci réussira rarement à faire prévaloir ses vues même les plus correctes ou ses suggestions les plus anodines. Cette inimitié, si elle avait pour base l’intelligence
et le bagage universitaire plus prestigieux de M. Diawara, paraissait surdimensionnée. En effet, le ministre délégué au Plan, Malien d’origine, ne pouvait porter ombrage ou a fortiori concurrencer, dans la course à la présidence de la République, un Baoulé, soutenu, sinon porté, par le Chef de l’Etat en personne.


Pour être tout à fait impartial, il faudrait préciser encore que si Mohammed Diawara était la bête noire de Konan Bédié, ce dernier considérait - à juste titre - Philippe Yacé, secrétaire général du PDCI, comme son adversaire principal. Quant à M. Usher Assouan, ministre des Affaires étrangères, M. Bédié a toujours pensé que sa renommée était surfaite.


Dans le cas particulier de M. Diawara, cet antagonisme se manifestera au fil des ans sous des formes soit traditionnelles soit


techniques. Ainsi, selon le récit de M. Diawara, lors d’une réception,
K. Bédié - accompagné de M. M’Bahia Blé, ministre des Forces armées - s’était approché et lui avait parlé de l’efficacité du fiel de caïman et des moustaches de panthère comme poison. Sans perdre son sang-froid, Diawara lui avait répondu qu’il connaissait au Mali un marabout capable d’assécher un baobab uniquement en le fixant.<br class=’autobr’

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