par Gowon six mois plus tard ;


Ankrah renverse N’krumah au Ghana ; Micombero met fin à la royauté au Burundi ; tandis qu’au Togo, Eyadema remplace Grunitzky à la tête de l’Etat.


Bien entendu, ces bouleversements préoccupent et occupent beaucoup le président Houphouët-Boigny. C’est l’époque, j’en témoigne, où il aime qu’on apporte de l’eau à son moulin, qu’on fasse chorus, qu’on lui dise que Soglo avait raison, et Lamizana tort, que la chute de l’Osagyefo était fatale, que le Nigeria était bien le géant aux pieds d’argile qui ne pouvait - "tout comme l’ancienne AOF"
(Afrique Occidentale Française) - échapper à la désintégration.


Il faut rendre cet hommage à M. Henri Konan Bédié d’avoir toujours évité de prendre position sur les problèmes de politique étrangère en générale et africaine en particulier. Durant cette période charnière, cruciale pour le devenir africain, lui ne cachait guère ses trois axes d’intérêt.


D’abord soigner sa propre publicité. On peut dire que pour lui, durant toute sa carrière, une bonne partie des problèmes à résoudre partaient et aboutissaient à la promotion de la personne. Cette hantise de la pub - rapatriée des Etats-Unis - l’amènera à prendre des initiatives qui affineront quelque peu ce qu’il peut y avoir chez lui de retenu, de réticence, de rigidité, surtout devant des visiteurs étrangers.
L’attention qu’il portait aux problèmes de relations publiques se manifestait en particulier quand il était en déplacement à l’étranger. Il était le seul ministre à nous envoyer, au C.I.D.I., de nombreux télex, aux fins de diffusion de ses faits et gestes. Ces communications étaient souvent suivies - ou précédées - de coups de fil particulièrement insistants.


Il savait aussi flatter certains journalistes et les pousser dans la voie d’articles élogieux. Par exemple, il n’hésitait pas à envoyer sa propre Mercedes au bas de la passerelle d’un avion à l’arrivée de certains journalistes. Ou encore il se montrait généreux en abonnements
et espaces publicitaires pour les publications dont les rédacteurs ne lésinaient pas sur les éloges.


Dans l’ensemble, cette quête permanente d’une image améliorée avait, je le répète, quelque chose de sympathique, même si elle hérissait les autres dirigeants en vue du gouvernement et du parti

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