paraître sans l’accord personnel du président Houphouët-Boigny. Donc, de toute évidence, le Chef de l’Etat veut l’éliminer du circuit.


Le souhait exprimé par le journaliste de voir le procès transféré du civil au pénal sera exaucé dans les 48 heures. Effectivement, "à la suite de ce verdict léger, complaisant et inattendu" l’indignation de "nos compatriotes" et les "manifestations de mauvaise foi", le Bureau Politique du Parti demande que "l’immunité parlementaire de M.Emmanuel Dioulo, député-maire et PDG de COGEXIM, soit levée".
Personne ne se demandera en vertu de quel droit le Parti se permet de s’immiscer dans une affaire judiciaire.


Le même quotidien annonce, sur la même première page, que le président Houphouët-Boigny était parti la veille Avec 48 heures d’avance alors que d’ordinaire il arrive toujours aux sommets africains quelques heures avant le début des réunions. à Lomé pour y assister au sommet d’Air Afrique. Donc, une fois de plus, il se réserve le beau rôle : hier ce n’était pas lui, mais M.Dioulo, qui avait pris l’initiative de transférer la capitale à Yamoussoukro ; aujourd’hui ce n’est pas lui, mais le Bureau Politique, qui sonne l’hallali.


Dans la livraison du 24 mars, l’éditorialiste fait preuve d’une hargne incroyable à l’encontre de M.Dioulo. Sous le titre "Le parrain", il le qualifie de "héros retors, sans scrupule, cynique, peu respectueux de sa parole et de sa signature" ; mais il montre quelque peu l’oreille en relevant qu’il plie "tout et tous sur son passage, grâce à sa puissance(sic) d’argent" et dévoile enfin l’objectif réel de l’offensive quand il attaque "les sous-marins travaillant à détruire tous les documents et obstacles sur le chemin de l’ascension codifiée, planifiée du Parrain".



Mais toute cette boue ne suffit guère. Il lui manque l’humiliation de la victime. D’où le récit du même journaliste de la séance dite de "demande de pardon à l’africaine" dont M.Houphouët-Boigny se montre particulièrement friand : il aime qu’on lui demande pardonLe plus récente manifestation de ce genre d’exercice a été le "repentir" public de l’ensemble de la direction du syndicat des enseignants du secondaire, sortis de prison quelques jours auparavant (Fraternité Matin du 16.9.88)..
"Le Parrain, écrit-il, se met à genoux devant le Père (Houphouët-Boigny),

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