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L'élimination d'un ultime concurrent

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  • Des interviews exclusives de Dja-Apharou ISSA IBRAHIM, ami et confident de Jacques Baulin, responsable par donation de l’intégralité des documents constituant le fond, et président de l’association sont actuellement publiées dans la rubrique présentation.

  • Les trois ouvrages de J. Baulin : Conseiller du président Diori, La politique africaine d’Houphouët-Boigny et La politique intérieure d’Houphouët-Boigny
    seront disponibles sur le site en version iBook et en version Pdf dès septembre
    2009.



















L’imbroglio constitutionnel créé inopinément le 25 novembre 1980 avait provoqué un certain malaise. Les hiérarques du régime se rendaient bien compte qu’il s’agissait d’une simple diversion destinée à masquer, sans provoquer trop de remous, la progression de M. Bédié vers le podium.


Plusieurs cadres du pays essaieront donc de contrecarrer ce projet,
et pour ce faire, multiplieront les pressions. Ils pensent pouvoir obliger le président Houphouët-Boigny à désigner le vice-président de la République, éloignant d’autant la perspective de voir M. Bédié - dans l’immédiat numéro deux du régime par intérim - accéder, par accident, à la magistrature suprême.


Bien entendu, le Président se montre hostile à une telle initiative qui porterait un coup sévère, voire fatal, à ses desseins concernant son successeur. Pour expliquer ses réticences, il utilisera toute une gamme d’arguments. Par exemple, il excipe de la nécessité d’organiser des élections présidentielles puisque la loi du 21 novembre précise que le président et le vice-président doivent être élus en même temps. La riposte à cet argument viendra au Conseil national de novembre 1981 quand Camille Adam, vétéran des temps héroïques de l’Appel de Stockholm, se lèvera et lui lancera sans

les fioritures d’usage : "Démissionnez donc M. le Président
et représentez-vous avec un vice-président"
.


Autant en emporte le vent. Houphouët ne peut de toute évidence accéder à cette demande : la situation n’est guère propice, et oindre Bédié dans la conjoncture du moment serait courir le risque d’une crise majeure. D’où des justifications comme celles d’éviter "d’ajouter un supplément de divisions" ou "ce n’est pas la vice-présidence qui nous sortira de la crise économique".


Il est vrai que l’ensemble de la société ivoirienne traverse, une fois de plus, une crise profonde qui dépasse de loin le domaine de l’économie.
La situation s’est aggravée, au fil des ans. Le tissu urbain évolue dans un contexte de tension. Le cacao se vend mal et le boom des prix semble avoir vécu. Les fonctionnaires sont inquiets : le Loch Ness de la suppression de la gratuité du logement refait surface. Le chômage, jadis réservé aux manoeuvres, s’étend aux intellectuels, et touche de plus en plus des cadres de tous niveauxLes diplômes universitaires ne nourrissent plus leurs titulaires. Même ceux qui ont un travail sont mal lotis : un docteur en économie touche 2 200 francs français par mois, tandis que le salaire d’un licencié oscille autour de 1 700 FF. On comprend pourquoi ils essaient d’émigrer.. Un millier d’entre eux, las de quémander du travail, entreprennent , début décembre, une marche vers la Présidence. Elle sera désamorcée par Emmanuel Dioulo agissant en tant que maire du Plateau où se situent précisément les bureaux de la Présidence.


Des troubles graves continuent de secouer l’Université, étudiants, enseignants et chercheurs faisant front commun. La fermeture de l’Université, l’expulsion des étudiants des cités et résidences universitaires, les centaines d’arrestations, et les internements au camp militaire d’Akouedo, ne réunissent guère à calmer les esprits. Dans les quartiers populaires, les chômeurs s’en prennent aux voitures officielles et aux vitrines. Les élèves du secondaire se joignent au mouvement C’est à cette époque que le FMI, faisant preuve d’inconscience, demandait à la Côte-d’Ivoire de porter de 75 à 200 FCFA le prix des repas des étudiants, de doubler le loyer des chambres d’internat et de diminuer les montants de leurs bourses !
.


M. Houphouët-Boigny riposte en "tribalisant" le malaise généralisé. Quelques-uns des enseignants étant d’ethnie bété-groupe traditionnellement hostile aux Baoulés-il proclame que le pays fait face à un "complot" bété. En conséquence, il exige une déclaration publique d’allégeance des cadres bétés de l’armée et du parti. Le lendemain 12 février 1982, officiers généraux-chef d’Etat

major en tête-, hauts fonctionnaires de l’Etat et hiérarques du Parti Démocratique de Côte-d’Ivoire, s’exécutent...


On conçoit que, dans un tel contexte, il eût été difficile pour le Président d’accorder une seconde promotion à M. Bédié qui appartient précisément à l’ethnie baoulé.


D’autant que la source de candidats potentiels à la succession est loin de tarir en dépit de l’avance de M. Bédié sur ses éventuels concurrents et le soutien sans faille apporté par son auguste protecteur.


Ces "challengers" audacieux sont-à ce stade du devenir ivoirien-au nombre de quatre ou cinq.


M. Emmanuel Dioulo sera le dernier concurrent-après MM.Banny, Alliali et Yacé-à entrer en lice. Jeune, dynamique, sans doute le meilleur représentant de la bourgeoisie d’affaires, il fait preuve de beaucoup d’entregent. M.Bédié le considérait alors comme un allié. N’avait-il pas été le deus ex machina de l’élimination de Ph.Yacé, donc de sa propre accession à la présidence de l’Assemblée nationale ?


Pour sa part, M. Dioulo, j’en témoigne, sous-estimait grandement l’impact réel de Konan Bédié. Il se basait notamment sur le fait que celui-ci aurait été amené à verser, à son concurrent au siège de député de Daoukro, un étudiant rentrant de France, la somme de 25 millions de FCFA pour l’amener à se retirer de la compétition.


Dernier élément du tableau, un ancien ministre m’affirmait, à l’époque, que "Bédié, Banny et Dioulo se constituent des trésors de guerre".


La lutte pour la succession sera engagée par Emmanuel Dioulo.
Fin 1982, ses relations sont encore au beau fixe avec l’entourage du président de la République. Il sait que le désir le plus cher de M. Houphouët serait de faire de Yamoussoukro, son village natal, la capitale de la Côte-d’Ivoire. Jadis hameau minuscule, berceau

du clan des Akoués, il a aujourd’hui les atours d’une métropole :
les bâtiments qui y sont implantés-la Maison du Parti, les hôtels, l’immeuble de la Fondation Houphouët-Boigny, etc.-sont les plus somptueux d’Afrique ; on y trouve également les grandes écoles les plus luxueuses et les mieux outillées d’Afrique et d’Europe
Le prix de revient de chacune des trois grandes écoles-ENSTP, INSET, ENSA-s’élève à 40 milliards de FCFA, tandis que la Fondation coûtera un peu plus. ; et le Président songe déjà à y édifier la réplique de la basilique Saint-Pierre de RomeEn août-septembre 1988, des journaux jusque-là favorables au Président ivoirien-Minute, Le Parisien Libéré, Le Figaro Magazine-ont lancé une violente campagne contre lui, en prenant comme prétexte cette basilique. Les reportages sarcastiques de Minute et du Figaro Magazine ont été relayés par un article quasiment insultant du Parisien Libéré du 12.9.88..


Dès 1983, on y compte plus de 10 000 points d’éclairage publics, c’est-à-dire davantage qu’à Abidjan. Tous ces bâtiments étant climatisés, la puissance électrique à Yamoussoukro seule dépasse celle de tout le Mali. Selon un ancien ministre, bien placé pour en connaître le montant, "mille milliards de FCFA ont été engloutis à Yamoussoukro" par l’Etat et le Parti à la demande expresse du chef de l’Etat. Et les frais d’entretien et de maintenance dépassent les 15 milliards par an...


Donc la promotion de Yamoussoukro au rang de métropole constituait pour le Président un coup double : satisfaction d’ordre sentimental
et justification a posteriori des investissements effectués par le Trésor et le PDCI.


M. Dioulo, maire d’Abidjan, prend l’initiative d’adresser une lettre au Président Un vieux fonctionnaire de la mairie, après avoir jeté un regard sur la frappe, laissera tomber :"Elle a été tapée sur la machine de Mme Plazanet". Il s’agit de la secrétaire particulière du Président. lui demandant la permission de promouvoir l’idée de "Yamoussoukro-capitale", massive à laquelle le Président répondra, verbalement : "Prenez vos responsabilités".


A partir de ce moment, les évènements se précipitent.


Le 10 janvier 1983, à Dakar, dans une interview au Soleil, M. Dioulo déclare avoir proposé au Chef de l’Etat le transfert de la capitale d’Abidjan à Yamoussoukro. Le 21, il soumet sa proposition au Conseil municipal d’Abidjan, qui accepte à l’unanimité la déchéance

d’Abidjan, et sa relève par Yamoussoukro. Le même jour, le Comité exécutif de neuf membres, plus haute instance du Parti, entérine à son tour, à l’unanimité, le projet. Le 10 février, les 35 membres du Bureau Politique donnent, eux aussi, leur bénédiction à la proposition de M. Dioulo. Enfin, le 9 mars, le Conseil des ministres approuve un projet de loi de transfrt de la capitale et l’envoie à l’Assemblée nationale convoquée en session extraordinaire...


Pourquoi une telle hâte ? C’est que les critiques fusent et leurs auteurs ne se cantonnent nullement dans l’anonymat. Ainsi, Jeune Afrique
Du 23.3.1983. publie un certain nombre de lettres de lecteurs. "Pourquoi Yamoussoukro ?" écrit l’un deux. "Parce que c’est la ville d’Houphouët-Boigny ? Et si demain c’est au tour d’un Koné ou d’un Mamadou, la capitale sera à Korhogo ou à Odienné ?" S’adressant au Président, un second lecteur lui fait valoir que la Côte-d’Ivoire "connaîtra inéluctablement après vous d’autres présidents. Et il n’est pas dit qu’ils seront tous originaires de Yamoussoukro, mais ce qui paraît plus sûr, ajoute-t-il, c’est qu’ils auront la tentation de faire, comme vous, des capitales de leurs villages." Un troisième propose un référendum "sans irrégularités".


L’opération Yamoussoukro menée quand même à bien, M. Dioulo, comptant sur la gratitude du Président, croit pouvoir briguer, à son tour, la magistrature suprême. Le service qu’il lui a rendu est en fait important. Il comporte aussi bien un sacrifice sentimental qu’un risque personnel certain. En effet, lui, un Ebié-ethnie peuplant la région d’Abidjan-a accepté, contre l’avis des Anciens, la rétrogradation de son "pays" au profit d’un village baoulé. Selon les normes africianes les plus élémentaires, un tel geste mérite récompense.


Partant de là, il commettra plusieurs erreurs.


Tout d’abord, il oublie, en dépit de multiples indices, que le choix du Président quant à son successeur est fait ; il sous-estime M.Konan Bédié et sa camarilla, et leur influence au niveau du Parti, et l’Etat
et des médias ; il surévalue sa propre influence au sein de l’Assemblée nationale ; une estimation erronée de son impact

sur le pays l’amène à négliger l’entourage du Président dont l’alliance lui avait servi de tremplin ; enfin, il engage le combat au moment où la Côte-d’Ivoire traverse une enième crise sociale et politique.


En effet, durant les mois d’avril et de mai, le Président sera engagé dans une nouvelle partie de bras de fer avec les enseignants de tous grades. Ils font grève. Ils protestent à nouveau contre la tentative de suppression de la gratuité de leur logement préconisée, cette fois, par le FMI. La situation s’aggrave : la grève s’étend aux étudiants qui luttent pour leurs revendications propres. Le gouvernement menace de sévir. La grève s’étend au corps professoral. Les tracts accusent les dirigeants d’incapacité avec le mot d’ordre"l’Etat a mal géré". Certains des manifestants lancent aussi le slogan "2e République", acclament ceux qui viennent de renverser Hailé Sélassié à Addis-Abeba, et vouent aux gémonies "le voleur" ou "les voleurs" selon l’ambiance du moment.


Sur ces entrefaites, le Président pense qu’une grand-messe calmera, comme à l’accoutumée, les esprits. Il convoque donc un Conseil national élargi pour stigmatiser l’attitude des enseignants. Durant cette réunion des représentants de l’élite, M.Houphouët-Boigny, qui parle sans notes, commet à son tour deux erreurs : oubliant que Konan Bédié a été promu président de l’Assemblée nationale, il confirme que les ministres congédiés s’étaient rendus coupables de concussion, qu’ils avaient "fauté". Seconde erreur : il demande à son auditoire "quel est l’homme sérieux dans le monde qui ne place pas une partie de ses biens en Suisse... J’ai viré, dit-il, tout cet argent dans mes comptes en banques en Suisse et cela a produit des intérêts importants"Fraternité Matin du 27.4.1983.
.


Il faut s’arrêter queelques instants à cet aveu du Chef d’Etat ivoirien concernant ses investissements en Suisse. Cette digression apparaît nécessaire dans la mesure où la perte de crédit et de crédibilité de la Côte-d’Ivoire, en tant que "vitrine de l’Occident en Afrique", date de cette époque. Certes, M. Houphouët-Boigny s’était immédiatement rendu compte de la gravité des paroles qui lui avaient échappé, puisqu’il s’empressait d’exprimer, en privé, ses

"regrets pour avoir tenu, notamment sur l’état de sa fortune personnelle, des propos qui ont fait mauvais effet"Le Monde du 3.5.1983.. En fait, les conséquences seront très graves pour le prestige du "Sage de l’Afrique".


Les critiques, discrètes au départ, deviendront publiques
et généralisées avec l’amplification de la crise de la dette. Sinon comment expliquer que M. Caratsch, ambassadeur de Suisse à Abidjan, ait osé déclaré dans une interview étonnante au quotidien unique de Côte-d’Ivoire, que, dans de nombreux pays, "les citoyens mettent à l’abri leur argent. C’est une attitude humaine bien compréhensible, ajoutait-il. Quelqu’un qui dispose de l’argent tient à le mettre là où il est en sécurité. S’il a peur de la situation dans son pays, précisait-il, il mettra son argent ailleurs...". Donc ceux qui déposent leur argent en Suisse sont ceux qui n’ont pas confiance dans leur propre pays.


Mettant ensuite de côté toute diplomatie, il fera état de l’expérience du président de la Banque Nationale Suisse qui, "sur la base d’études préablement faites, avait constaté que les placements versés en capital de beaucoup de pays en voie de développement pris globalement étaient plus grands que la dette elle-même..."
Fraternité Matin du 29.6.1988..


Mais que dire d’une déclaration encore plus fracassante de M. Cam-dessus, directeur du Fonds Monétaire International et d’ordinaire fort circonspect ? Il entretiendra ses auditeurs de Bonn "des choses criminelles (qui) sont à l’origine de la situation dans les pays en développement... Il y a la corruption dans ces pays. Il y a là-bas, disait-il, des gens que leur égoïsme sans bornes pousse à placer tout leur argent à l’étranger, ce qui entraîne une terrible fuite des capitaux..."
Le Monde du 6.10.1988.. Difficile de croire qu’il n’y avait, dans ce discours, aucune allusion au cas spécifique de M. Houphouët-Boigny.


Certes, M.Camdessus essaie de dédouaner et son organisme
et l’ensemble des mécanismes du marché en oubliant de citer toute une liste d’autres paramètres, le plus souvent d’origine occidentale,
et en rejetant l’essentiel de la responsabilité du sous-développement
et de la dette sur la corruption des élites. Mais force

est d’admettre que les élites en question ont trop souvent préféré leurs intérêts propres à ceux de leur pays.


C’est sur cet arrière-plan de prévarication, de corruption, de concussion, que se dévloppe la malaise social. On imagine aisément l’impact des aveux publics d’un Chef d’Etat sur des intellectuels dont on menace, au même moment, les modestes droits acquis.


Les choses finiront par se tasser, comme toujours en Côte-d’Ivoire, permettant au Président de partir le 26 mai pour l’Europe et le Canada pour n’en revenir que quatre mois et demi plus tard.


Quant au problème de la succession, M.Houphouët-Boigny s’était abstenu de prendre position, avant son départ, sur la candidature de moins en moins discrète de M. Dioulo qui avait commencé, deux bonnes années avant terme, à distribuer argent, faveurs
et promesses. De toute évidence, M. Houphouët-Boigny voulait apparaître au-dessus de la mêlée. D’autant qu’il croyait M.Bédié et ses amis capables de réduire à néant les ambitions du maire d’Abidjan.


Effectivement, c’est durant cette longue absence que les relations entre MM.Dioulo et Bédié se tendent et se traduisent au niveau de l’Assemblée, par des heurts de plus en plus nombreux entre partisans et adversaires des deux protagonistes.


Dans les jours qui suivent le départ du Président, M.Dioulo entreprend une série de manoeuvres pour essayer de se rapprocher de Ph.Yacé. M.Bédié est alerté et panique à la perspective d’une réconciliation, non prévue, entre les deux hommes. Il essaie de parer la menace d’une alliance sans trouver d’oreilles bienveillantes chez les amis de son prédécesseur à la présidence de l’Assemblée nationale.


Se considérant en position de faiblesse, il se tourne une fois de plus vers son protecteur. Dans les tout premiers jours de septembre 1983, M.Bédié envoie une longue lettre au Président. Il y accuse ouvertement son allié d’hier et les députés qui lui sont favorables, d’initiatives lèse-Bédié. Il fait état en particulier d’activités

fractionnelles(sic) de certains députés qui se réunissent sans en aviser quiconque. Ils auraient monté par ailleurs une cabale contre lui, mettant en relief son hostilité au transfert de la capitale. Toujours selon le texte de la lettre, certains députés tenteraient de capitaliser au profit d’Emmanuel Dioulo les effets psychologiques de l’affaire de Yamoussoukro. Adoptant des méthodes discutables, ils auraient mis en circulation des photocopies des fiches de paie, et des primes de PDG des membres du cabinet du président de l’Assemblée nationale.M.Dioulo et ses amis diffuseraient, de plus, des rumeurs malveillantes concernant des détournements de fonds.
Et enfin, suprême accusation, ils auraient pris contact avec la presse étrangère.


Pour politiser davantage le problème et appuyer ses accusations, M.Bédié dénonce, dans un discours-à la demande du Président qui est de retour-les fauteurs de troubles. Il invite les militants à barrer la route à la subversion et aux tentatives de déstabilisation.


M.Dioulo tente de calmer le jeu. Il se rend compte qu’il est entré trop tôt en lice. Il ne peut accepter un combat alors que, de toute évidence, il lui semble que loin de l’appuyer ou de se cantonner dans la neutralité, le Président, décidément imperméable au sentiment de gratitude, apporte son soutien actif au camp adverse.
M.Dioulo cherche donc à gagner du temps.

Il réussit, croit-il, à amadouer M.Konan Bédié et pense avoir obtenu un amistice. Les choses paraissent effectivement se tasser. Pas pour longtemps.


Les amis de M.Bédié profitent du répit pour chercher le point faible de son adversaire. Ils le trouvent facilement car les affaires de M.Dioulo ne sont pas bien claires. Donc, ils décident de le frapper au portefeuille. Leur objectif ? Acculer M.Dioulo à la faillite. Le ruiner,
et par là, le priver de son trésor de guerre, donc le rendre inoffensif au plan politique.


M.Dioulo est le PDG de la Compagnie Générale d’Export-Import (COGEXIM). Il demande le 6 janvier 1984 à la Banque Nationale

pour le Développement Agricole (BNDA) un relevé des comptes de sa société. Force sera de constater bientôt que la comptabilité de la BNDA se trouve dans un état de délabrement avancé-son directeur général sera congédié-et que celle de la COGEXIM paraît quasi inexistante. Les deux parties décident par conséquent, en septembre 1984, à l’initiative de la COGEXIM, de désigner un cabinet d’experts-comptables chargé d’y voir plus clair. Celui-ci évalue la dette de cette dernière à la BNDA à 20 milliards de francs CFA, plus une dizaine de milliards d’agios puisque les créances remontent à 1980
Le cabinet d’experts-comptables donne ces chiffres tout en précisant que "les tentatives de pointage et de rapprochement n’ont jamais abouti" (Fraternité Matin du 25.2.1985).. La BCEAO(Banque Centrale des Etats d’Afrique Occidentale), chargée de par ses statuts de refinancer tous les crédits bancaires relatifs aux campagnes agricoles, fixe, elle, la dette de la COGEXIM à 7 milliards. La BNDA saisit le tribunal le 6 février 1985.


Le tribunal de première instance d’Abidjan rend son jugement le 18 mars. Costatant les réserves frmulées par le cabinet d’experts comptables et l’incohérence de la comptabilité de la BNDA, il base son jugement sur le seul chiffre solide, celui de la BCEAO, et évalue la dette de la COGEXIM à 7 milliards. Somme que la société de M.Dioulo peut couvrir sans trop de mal. Il n’est donc pas ruiné. Il peut encore perturber les plans dynastiques de M.Houphouët-Boigny.


La télévision, la radio et la presse écrite se déchaînent contre le jugement, le juge et même l’institution judiciaire. Or, il est de notorité publique que les médias, en Côte-d’Ivoire, ne réagissent que sur l’ordre du Président. De plus, dans le cas d’espèce, le ministre de l’Information est le propre neveu de M.Houphouët-Boigny ; il exerce, à ce titre, un contrôle total sur les organes d’information et, de plus, il est le directeur général de Fraternité Matin. On peut en conclure, sans risque de se tromper, qu’à l’échelon suprême, on est fort mécontent du jugement du tribunal.


Les journalistes, d’ordinaire révérencieux jusqu’à l’obséquiosité, se permettent-chose inimaginable en Côte-d’Ivoire-de passer outre au respect de la chose jugée. Ainsi, un journaliste du quotidien unique trouve qu’il s’agit d’un "verdict troublant" et dit ne pas

comprendre que "le Tribunal, contre tout bon sens, exige de la COGEXIM seulement le paiement de 7 milliards..."Fraternité Matin du 19.3.1985.. Le lendemain, la campagne prend plus d’ampleur. "Pourquoi ce verdict(sic) surprenant ?", lit-on en manchette. "Que cache ce verdict ? Pourquoi est-il si complaisant ?" écrit le même journaliste. Et il laisse prévoir un transfert du civil au pénal...


M.Dioulo sait évidemment qu’aucun de ces articles et commentaires n’aurait pu paraître sans l’accord personnel du président Houphouët-Boigny. Donc, de toute évidence, le Chef de l’Etat veut l’éliminer du circuit.


Le souhait exprimé par le journaliste de voir le procès transféré du civil au pénal sera exaucé dans les 48 heures. Effectivement, "à la suite de ce verdict léger, complaisant et inattendu" l’indignation de "nos compatriotes" et les "manifestations de mauvaise foi", le Bureau Politique du Parti demande que "l’immunité parlementaire de M.Emmanuel Dioulo, député-maire et PDG de COGEXIM, soit levée".
Personne ne se demandera en vertu de quel droit le Parti se permet de s’immiscer dans une affaire judiciaire.


Le même quotidien annonce, sur la même première page, que le président Houphouët-Boigny était parti la veille Avec 48 heures d’avance alors que d’ordinaire il arrive toujours aux sommets africains quelques heures avant le début des réunions. à Lomé pour y assister au sommet d’Air Afrique. Donc, une fois de plus, il se réserve le beau rôle : hier ce n’était pas lui, mais M.Dioulo, qui avait pris l’initiative de transférer la capitale à Yamoussoukro ; aujourd’hui ce n’est pas lui, mais le Bureau Politique, qui sonne l’hallali.


Dans la livraison du 24 mars, l’éditorialiste fait preuve d’une hargne incroyable à l’encontre de M.Dioulo. Sous le titre "Le parrain", il le qualifie de "héros retors, sans scrupule, cynique, peu respectueux de sa parole et de sa signature" ; mais il montre quelque peu l’oreille en relevant qu’il plie "tout et tous sur son passage, grâce à sa puissance(sic) d’argent" et dévoile enfin l’objectif réel de l’offensive quand il attaque "les sous-marins travaillant à détruire tous les documents et obstacles sur le chemin de l’ascension codifiée, planifiée du Parrain".



Mais toute cette boue ne suffit guère. Il lui manque l’humiliation de la victime. D’où le récit du même journaliste de la séance dite de "demande de pardon à l’africaine" dont M.Houphouët-Boigny se montre particulièrement friand : il aime qu’on lui demande pardonLe plus récente manifestation de ce genre d’exercice a été le "repentir" public de l’ensemble de la direction du syndicat des enseignants du secondaire, sortis de prison quelques jours auparavant (Fraternité Matin du 16.9.88)..
"Le Parrain, écrit-il, se met à genoux devant le Père (Houphouët-Boigny), lui prend les pieds qu’il mouille de ses larmes, et implore son pardon et sa clémence. Le parrain, sans témoin, n’est plus le parrain, ajoute-t-il encore. C’est de la chiffe molle, sous la cuirasse de l’ambitieux homme d’affaires et homme politique."


Le 25 mars, le Bureau de l’Assemblée nationale, réuni sous la présidence de M.Bédié, décide, à l’unanimité, de permettre des poursuites pénales contre le député Emmanuel Dioulo...


Dans les heures qui suivront cette laborieuse mise en scène, la Côte-d’Ivoire dans son ensemble sera secouée par un immense éclat de rire, en apprenant que M.Emmanuel Dioulo, censé être alité et promis au box des accusés, se trouve déjà en Europe. Voici le récit de ces événements rocambolesques fait par M.Dioulo et tel que noté, à Paris, le 4 juin 1985 :

1. En ce qui concerne la COGEXIM, le nouveau rapport des experts apporte la preuve qu’il n’y a pas eu détournements de fonds ou abus de biens sociaux.
2. En novembre 1984, il y a eu tentative de le compromettre dans un complot avec Kadhafi.
3. X... avait proposé son élimination physique à l’occasion d’un des nombreux cambriolages à main armée qui sont le lot quotidien des Abidjanais. Sa notoriété de par le monde-il est vice-président des villes jumelées-ses multiples contacts aux Etats-Unis et en France, etc., constituant un obstacle majeur à ce projet, il a été rejeté.
4. En dépit de l’abandon du projet d’homicide, il explique sa fuite par sa peur d’un assassinat.

5. Quand M.Houphouët-Boigny a pris l’avion pour le sommet de Lomé, il croyait que lui, Dioulo, était alité à Abidjan. C’est le surlendemain que Maître Vergès a téléphoné au président Eyadema, dont il est l’avocat, pour l’informer que le PDG de la COGEXIM se trouvait à Bruxelles.
6. Quand Eyadema en a averti Houphouët, celui-ci, furieux mais sceptique, a téléphoné à son ministre de l’Intérieur qui lui a confirmé que Dioulo se trouvait toujours chez lui, dans sa villa, à Abidjan.
7. Après le retour du Président, la fouille du domicile de Dioulo a apporté la preuve qu’il ne s’y trouvait pas.
8.Dioulo se croit menacé en Europe, il craint toujours un assassinat.
9. Qu’a-t-il comme défense ? Il dispose d’un manuscrit en sûreté en Suisse(ou en Belgique) et menace de le publier sous forme de livreDès le 27 mars, Fraternité Matin avait confirmait que le PDG de la COGEXIM menaçait de publier un "Livre Blanc".
De part de mon expérience, je sais à quel point M.Houphouët-Boigny est allergique à ce genre de publications.
.



Les amis de M.Dioulo triomphent.M.Bédié et le Président deviennent la risée de toute la Côte-d’Ivoire.


J’imagine fort bien la déconvenue de M.Houphouët-Boigny. Jadis, ceux de ses compagnons qui se savaient menacées-MM.Mockey, Gadeau, Banny, etc.-ne songeaient pas à fuir. Dans l’immédiat, sa colère trouvera des cibles de choix : ses ministres, dont l’incapacité, dit-il à un visiteur, le "rend malade" ; ensuite un homme comme M.Dioulo en liberté, disposant de fonds importants à l’étranger, ayant la possibilité de publier un livre rapportant des faits dont il fut témoin ou acteur, représente une bombe à retardement.


Autre exutoire à son trop plein de fureur, les médias. Sous l’impulsion de M.Bédié-dont "le dépit fait plaisir à voir", me dira un ministre-la presse traite M.Dioulo d’"escroc", de "roi de l’esbrouffe", de "lâche", de "menteur". Elle révèle que le PDG de la COGEXIM avait adressé au Président, avant sa fuite, "plusieurs

lettres dans lesquelles il mettait en cause maints de nos responsables et cadres", et se demande "comment Emmanuel Dioulo a pris la fuite".
Fraternité Matin assure, de plus, que le procès au pénal aura bien lieu.


Dans sa livraison du 28 mars, le quotidien du parti unique apporte quelque lumière supplémentaire sur les véritables causes de toute l’affaire. Ainsi, il apprend à ses lecteurs qu’à l’audience du tribunal de première instance-celui qui avait fait preuve de modération-"des cris de joie avaient ponctué l’énoncé du jugement". Selon le journaliste, "on a gagné, hurlaient les comparses du PDG". Le quotidien confirme ensuite que M.Dioulo "s’estimait promis à un grand destin, et le préparait en conséquence et par tous les moyens". Et dans ce but, précise l’auteur de l’article, il s’était constitué "ce qu’il dénommait en privé : mon trésor de guerre". De quelle guerre ? "De la succession bien sûr, pour laquelle Emmanuel Dioulo se créait, depuis 1980, une "clientèle fidélisée"."


Donc, l’affaire BNDA-COGEXIM visait bien à limer les crocs financiers de M.Dioulo et à l’empêcher de se présenter en challenger du candidat du président Houphouët-Boigny.


Au demeurant, il semble que M.Dioulo, face à l’acharnement mis à l’exclure de la compétition, s’était rendu compte, bien avant sa fuite, de la démesure de son ambition. En effet, le même article rapporte que, dès son arrivée en Europe, il avait proposé un marché, à savoir l’abandon des poursuites "et je promets de ne m’occuper désormais que de mes affaires".


Quelques jours plus tard, à l’invitation de M.Houphouët-Boigny, M.Vergès débarque à Abidjan de l’avion de commandement du président Eyadema du Togo. Cela fait une semaine à peine que M.Dioulo est en Europe. Cette hâte du Chef de l’Etat met bien en relief l’importance qu’il attache à la menace de publication d’un "livre blanc en deux tomes" brandie par le PDG de la COGEXIM.


Le 29 avril 1985, à Amsterdam, M.Dioulo rend plusieurs fois hommage au président Houphouët-Boigny et par la voix de son avocat déclare qu’il rentrera bientôt en Côte-d’Ivoire. Quatre jours plus

tard, le Bureau Politique, élargi aux membres du gouvernement, prend hâtivement acte du désir du PDG de rentrer. Que d’honneurs, pour un homme abreuvé d’injures moins d’une semaine auparavant.


Mais les négociations traîneront toute une année à cause des volte-face de M.Houphouët-Boigny, touché dans son amour-propre par les conditions mises par l’avocat au retour de l’enfant prodigue.
Car M.Dioulo exige des garanties solides. Il ne peut se contenter de la seule "parole" du Président. Il est en position de force, et il le sait. En dehors même de l’épée de Damoclès de son livre, il dispose de deux atouts majeurs : un avocat des plus habiles et un bimensuel, Afrique Asie, qui, tout en étant interdit à la vente en Côte-d’Ivoire, réussira à maintenir une pression constante sur M.Houphouët-Boigny, en dévoilant des bribes édifiantes d’informations. Et aussi en rappelant constamment que "les révélations (que le livre) contient sonneraient le glas d’un régime dont l’image extérieure est trop liée à la réputation du Chef de l’Etat" Afrique-Asie du 20 mai 1985..


L’auteur de l’article en donne une petite idée en apportant des précisions dévastatrices sur les "trois sociétés de négoce international" de la famille Houphouët, à savoir :"SIFCA, contrôlée par l’un des fils de Houphouët qui détient 17% des quotas à l’exportation pour le café ; Jean Abil Gal, dont le deuxième fils du "Vieux", François Houphouët-Boigny, est le président du Conseil d’Administration.
Et, moins connue, ajoute l’auteur, la Sincafé... semble être le centre stratégique du clan ; soupçonnée de pratiquer régulièrement des décotes sur le café-cacao, elle aurait ainsi engrangé des sommes fabuleuses, acheminées tout doucement vers la Suisse." C’est la mise en cause directe de la famille du Chef de l’Etat ivoirien...


Pour mettre un terme à ces flots fangeux, le juge d’instruction signera le 24 décembre 1985 une ordonnance de non-lieu en faveur du PDG de la COGEXIM, et donnera "mainlevée du mandat d’arrêt décerné contre Emmanuel Dioulo", ordonnance aux effets renforcés par une large amnistie.


Le 3 mars 1986, l’ex-concurrent de M.Henri Konan Bédié rentre en Côte-d’Ivoire dans le Concorde qui ramène le "Vieux"

du sommet francophone de Paris. Contre son auto-neutralisation politique, il obtiendra l’aide du Président pour relancer ses affaires.


Sans conteste, l’épreuve avait été rude pour le président Houphouët-Boigny. Le scandale financier en soi, l’anarchie comptable
et financière, la gabegie, mises en lumière par le procès de la BNDA
et de la COGEXIM ; l’étalage public du rôle essentiel du Chef de l’Etat dans la tentative d’élimination d’Emmanuel Dioulo de la course à la Présidence par une manipulation de la procédure ; la révélation de sa position dominante et de l’ampleur de ses intérêts personnels dans le négoce du café et du cacao, etc. Tout cela ternissait grandement l’image de M.Houphouët-Boigny. La formule "le Sage de l’Afrique" provoquait, surtout dans les milieux populaires, des réactions peu respectueuses.


Mais, tout aussi incontestablement, à part ces quelques ecchymoses apparentes et les blessures d’amour-propre invisibles mais profondes, le président Houphouët-Boigny sortait quand même gagnant de l’épreuve. Son objectif était atteint, puisque le terrain était déblayé
et dûment balisé devant son candidat à sa succession. D’autant, qu’en cette année électorale, les autres prétendants au fauteuil présidentiel, sidérés par les risques pris par le Président pour détruire le concurrent de M.Konan Bédié, se cantonnaient dans une prudente expectative.


L’ouverture du pré-Congrès a lieu le 25 septembre 1985, c’est-à-dire au moment des dernières discussions avec l’avocat de M.Dioulo sur les conditions du retour de son client. Comme gage de bonne foi, ce dernier avait accepté que ni lui, ni ses parents, ni ses amis n’interféreraient, de quelque manière que ce soit, dans le déroulement de l’ensemble du processus électoral. Il tiendra parole.


Au pé-Congrès, le Président est, au vu et au su de tous, aux petits soins avec M.Yacé, le vaincu du VIIe Congrès, celui de 1980. Sa photo, à la droite du Président, tous deux souriants, réapparaît dans Fraternité Matin. Sa neutralité bienveillante, durant les cinq dernières années, paraît ainsi hautement appréciée.



Dans son discours de bienvenue à ce pré-Congrès, M.Camille Alliali indique la voie aux congressistes quand, en leur nom, il lance à l’adresse du Président d’honneur du PDCI : "Parlez (et les militants) vous écouteront ; marchez, ils vous suivront ; commandez, ils agiront ; ordonnez, ils obéiront ; décidez, ils approuveront." Donc la voie est libre pour de nouvelles modifications statutaires et constitutionnelles.


Le 9 octobre 1985, à l’ouverture du VIIe Congrès, les délégués du Parti attendent avec impatience, voire avec excitation, l’annonce, par le Président, du nom du candidat vice-président qui, selon l’amendement constitutionnel de 1980, doit se présenter avec lui, une quinzaine de jours plus tard, aux suffrages des électeurs.


Contrairement à leur attente, ils s’aperçoivront que le scénario mis au point par le Président lui-même cinq ans auparavant a été de nouveau modifié : maintenant, on leur demande de supprimer d’abord le fameux article instituant une vice-présidence et de le remplacer ensuite par un autre. Selon la nouvelle mouture, le président de l’Assemblée nationale sera chargé "d’exercer la continuité du pouvoir exécutif, et de préparer, pendant une période transitoire de 45 à 60 jours, de nouvelles élections en vue de la désignation du nouveau Président de la République"Fraternité Matin du 13.10.1985.
.


Toute affaire cessante, les députés, réunis sur-le-champ et sous la présidence de M.Bédié, votent cet amendement. Sur leur lancée, ils modifient aussi le nombre des sièges (porté de 147 à 171) de l’Assemblée nationale, puis le mode d’élection des députés (au scrutin majoritaire à un tour) et aussi la réduction du délai entre les deux tours de scrutin des élections municipales.


Le 14 octobre, au début de sa conférence de presse devant quelque 200 journalistes invités au VIIIe Congrès, M.Houphouët-Boigny explique la suppression de la vice-présidence par des considérations traditionnelles africaines. Il révèle ensuite-à ma connaissance le Congrès n’en avait pas débattu-que pendant la période transitoire, le président de l’Assemblée nationale sera non seulement président intérimaire de la République, mais aussi président intérimaire du Parti.



En somme le successeur choisi par le président Houphouët-Boigny détiendra tous les pouvoirs.


Le 3 janvier 1986, M.Henri Konan Bédié sera réélu président de l’Assemblée nationale.


Il l’est toujours en cette veille du 83e anniversaire de celui qui a réussi le tour de force de surmonter tous les obstacles pour le porter, à la force du poignet pourrait-on dire, jusqu’à l’ultime marche du pouvoir en Côte-d’Ivoire.

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