magnétophone.


Pensaient-ils vraiment pouvoir, à cette occasion, obtenir des réponses à leurs interrogations, étancher leur soif de connaissances ou élargir quelque peu l’espace exigu de liberté, dans lequel ils se

trouvaient - et se trouvent toujours - cantonnés ? Comme le montrent les quelques extraits ci-dessous, les ministres, par leurs silences
et leurs explications, les ont rappelés derechef à une plus juste appréciation des choses.


Ainsi, un journaliste se plaint d’avoir été suspendu quatre mois durant, et exilé dans une ville de l’intérieur pendant quatre autres mois, pour avoir rapporté de façon objective " les émeutes du riz à Bouaké " Peuples Noirs Peuples Africains, décembre 1984, p.11. :
aucun des ministres n’essaiera d’expliquer des sanctions aussi graves.


Un autre relève que les journalistes sont sevrés d’informations - à propos notamment du rééchelonnement de la dette appris en écoutant Radio Londres - tout en étant jugés sévèrement par les intellectuels qui les accusent de ne pas faire correctement leur travail Ibid., p. 120.. Pour conclure, il demande aux ministres présents s’ils pensent que dans une telle situation " les mots d’ordre que vous nous donnez à diffuser seront crédibles quand nous les donnerons ? " Ibid., p. 120.. En d’autres termes, il désire un peu de considération pour mieux servir le régime.


Un troisième journaliste interroge " pourquoi les responsables du PDCI ne veulent pas participer à des émissions traitant de l’histoire " ? Ibid., p.136..
" Vous avez parlé d’histoire, lui répond le ministre Séry Gnoléba, or il s’agit d’actualité. Et c’est là le problème. Les acteurs de cette histoire sont encore vivants. Et bien vivants..." Ibid., p. 136.


Le ministre Jean Konan Banny - jadis condamné à mort pour complot - prend la relève et expose alors la doctrine du Parti Démocratique de Côte-d’Ivoire (PDCI) sur le problème de l’information proprement dite, de l’information brute :

"... Le journaliste ivoirien, dit-il,... doit agir de façon à ce que l’information qu’il diffuse sans doute soit crédible à l’extérieur, mais qu’elle soit surtout utile à l’édification, à l’information, à la formation du citoyen ivoirien...

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