extraordinaire du R.D.A. A cette occasion, les présidents du Conseil des Républiques du Niger, de Haute-Volta et du Dahomey sont mis au courant de l’affaire par leur propres ressortissants en Côte d’Ivoire. Inquiets, ils demandent à M. Houphouët-Boigny de ne prendre aucune décision qui pourrait être très mal interprétée dans le monde occidental compte tenu de la nature des griefs, exclusivement fétichistes.
« Le 7 septembre, M. Houphouët-Boigny convoque M. Mockey en présence de M. Boubou Ama (N.D.L.R. : Boubou Hama), président de l’Assemblée Législative du Niger et de M. Yaméogo, Premier ministre de la Haute-Volta, et lui répète ce qu’il lui est reproché. M. Mockey nie formellement et déclare en outre que puisqu’il s’agit exclusivement de griefs d’ordre fétichiste, il désire être soumis à un sérieux examen par des personnalités compétentes en coutumes. Sans répondre, M. Houphouët-Boigny lui demande de sortir. Le lendemain après-midi, il exige de M. Mockey sa démission de ses fonctions de vice-Premier ministre et de ministre de l’Intérieur. M. Mockey ne lui remet aucune démission écrite mais accepte néanmoins verbalement. M. Houphouët-Boigny communique immédiatement après cet entretien la démission de M. Mockey au bureau politique et en Conseil des ministres [14].
« M. Houphouët-Boigny convoque M. Mockey le 31 octobre 1959 à Yamoussoukro. Il lui demande de venir accompagné de quelques amis de son choix afin d’assister aux débats de l’ensemble de l’affaire. Sont convoqués également : le bureau politique du P.D.C.I., une délégation des jeunes du R.D.A., certains ministres (Denise, Delafosse, Konan Kanga, Aoussou Koffi, Anoma, Koné Amadou), les délégations du R.D.A. de Treichville et d’Adjame et de nombreux chefs coutumiers. Cinq à six cents personnes sont ainsi présentes. La réunion a lieu à l’Hôtel de la Plantation, propriété de M. Houphouët-Boigny.
« M. Houphouët-Boigny lui-même arrive, lorsque tout le monde est réuni, avec dans sa voiture, Ladji Cisse (cousin de Mme Sidibé) condamné en 1959 même par le tribunal d’Abidjan à trois ans de prison et cinq ans d’interdiction de séjour, pour une escroquerie de huit cent mille francs, en liberté provisoire par appel suspensif.
« Ce Ladji Cisse sera le premier témoin entendu au cours de cette étonnante réunion publique où seront repris, toujours de façon aussi confuse, aussi floue, les faits qui sont la

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