M. Mockey, ceci afin de prendre sa place. On remarquera que les aspirations de M. Yacé sont d’ores et déjà en voie de réalisation. »


Le caractère factice de ces accusations fétichistes apparaîtra encore plus nettement six ans plus tard. On ne parlera plus de sortilèges, de maléfices pour expliquer l’élimination de M. J.B. Mockey de la scène politique ivoirienne. Condamné à mort depuis 1964, il sera accusé de complot contre l’intégrité territoriale de la Côte d’Ivoire.
En effet, au début de juin 1965, une conférence extraordinaire réunit à Lagos les ministres des Affaires étrangères de l’Organisation de l’Unité Africaine. Ils sont là pour débattre du différend qui oppose Abidjan à Accra à propos de l’utilisation des militants du Sanwi, réfugiés au Ghana, par N’Krumah, désireux de maintenir l’instabilité ou du moins la tension en région agni, c’est-à-dire à la frontière ivoiro-ghanéenne. Attitude qui amènera le président Houphouët-Boigny à boycotter la conférence au sommet de l’O.U.A. devant se tenir à Accra. M. Camille Alliali, ministre délégué aux Affaires étrangères, défend le dossier ivoirien. Argument caractéristique de classe plus que de race, il attaque « le complexe de supériorité qu’éprouvent les cadres agnis vis-à-vis des autres Ivoiriens », cloue au pilori « l’un de ces intellectuels agnis », et ajoute :
« ... Mus par un racisme bestial et par un orgueil insensé, ils ne pouvaient admettre que la direction du pays soit confiée à quelqu’un qui ne soit pas un Sanwi, d’où leur opposition obstinée au président Félix Houphouët-Boigny qui se trouve être originaire du Centre de la Côte d’Ivoire... Leur chef en Côte d’Ivoire, Jean-Baptiste Mockey, de la race N’Zima, voulait à la faveur d’un complot réussi, s’emparer du pouvoir. Mais étant d’une tribu minoritaire, il rêvait d’un ensemble avec le Ghana où, avec les N’Zimas du Ghana, il aurait joué un plus grand rôle politique à la mesure de son ambition » [16].
En somme, la thèse de la tentative d’assassinat par fétiches interposés paraît abandonnée en faveur du complot à ramifications panafricaines ayant aussi pour but d’attenter à la vie du chef de l’État. A signaler à toutes fins utiles, que Kwamé N’Krumah, lui aussi, était un N’Zima, puisque né à Nkrofoul.
Au demeurant, dans un autre document [<a href=’#nb17’ class=’spip_note’

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