Paris. Un marabout consulté à titre d’expert en fétiches explique qu’il ne s’agit pas en réalité d’un « grigri » mais d’un texte en caractères arabes, d’après laquelle il résulte que M. Mockey souhaite la mort rapide de M. Houphouët-Boigny ou pour le moins qu’il tombe gravement malade et impuissant afin qu’il puisse prendre sa place.
« 3e témoin. - Un marabout d’Anyama accusé par des indicateurs de police présents à la réunion de Yamoussoukro et qui affirment qu’il sait que M. Mockey complotait contre M. Houphouët-Boigny. Le marabout mis en cause affirme n’avoir jamais vu M. Mockey.
« En conclusion de la réunion, la parole est donnée à M. Mockey qui demande, étant donné la nature exclusivement fétichiste des griefs retenus contre lui, que ces griefs soient examinés et jugés selon les coutumes fétichistes et également selon les coutumes musulmanes par les personnalités les plus qualifiées. Tous les chefs coutumiers présents sont d’accord pour donner satisfaction à la demande de M. Mockey. M. Houphouët-Boigny refuse cependant carrément cette procédure et déclare que la décision sera prise par le bureau politique du P.D.C.I.
Le bureau politique du P.D.C.I. se réunit donc le 2 novembre, en l’absence de M. Mockey. Après les délibérations, celui-ci est convoqué pour prendre connaissance des décisions qui ont été prises : on exige sa démission du poste de secrétaire général et du bureau politique du parti. On exige également sa démission de sénateur de la Communauté. M. Mockey, sans donner aucune démission écrite, accepte néanmoins verbalement le principe de ces démissions. Les raisons qui sont données en explication à ces démissions sont, pour les deux premiers postes, que M. Mockey n’a plus la confiance du président du parti, et, pour les fonctions de sénateur, que M. Mockey ne doit plus avoir aucun contact avec l’extérieur en sa qualité de membre du parti.
« Le 3 novembre, M. Djibo Sounkalo est convoqué devant le bureau politique qui, évoquant les mêmes raisons lui demande sa démission de vice-président de l’Assemblée législative de la Côte d’Ivoire et de sénateur de la Communauté. M. Djibo s’incline et accepte verbalement. »
En guise de conclusion, l’interlocuteur de M. Jean-Baptiste Mockey et auteur de ce document, écrit :
« Il ressort de tout ce qui précède, que tout au long de cette affaire qui a coûté sa chute à M. Mockey, vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, sénateur de la Communauté, secrétaire général du P.D.C.I. et membre

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