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des terres en Côte d’Ivoire.
Chose plus curieuse encore, les taux d’intérêt, eux aussi, varient de façon à avantager les grands propriétaires, les sociétés de développement, etc. En effet, les crédits réescomptables auprès de la B.C.E.A.O. sont consentis à un taux de 5,25 à 5,50 %, tandis que les planteurs moins riches mais n’ayant pas une envergure suffisante pour voir leurs emprunts réescomptés auprès du même organisme paient de 8,5 à 9 %.
Enfin, même pour les “crédits de soudure”, dans les mois qui précèdent la mise sur le marché de la nouvelle récolte, la B.N.D.A. demande la formation de groupes de six producteurs afin qu’ils se cautionnent mutuellement. Et les crédits ne peuvent « dépasser les 15 % de la valeur moyenne de la récolte des deux dernières années, ni excéder 50 000 francs (C.F.A.) par emprunteur ». En dépit de ce double obstacle entre les petits planteurs et les prêts, il est en outre précisé que « les crédits de soudure sont consentis moyennant une commission forfaitaire de 10 % ». Comme il s’agit de crédits remboursables en deux ou trois mois, cela signifie un taux usuraire de 40 à 60 % !
En mai 1975, M. Auguste Denise, très proche collaborateur du président Houphouët-Boigny et précisément directeur général de la B.N.D.A. en était toujours à chercher un moyen pour rendre le crédit accessible aux paysans.
Les autorités ivoiriennes ne semblent toujours pas avoir trouvé de solution à ce problème.
Et les coopératives ? Là on touche au ridicule.
En effet, le décret du 13 septembre 1966 faisait obligation aux petits planteurs bété, baoulé, agni, etc. de constituer d’abord un G.V.C. (Groupement à Vocation Coopérative), afin d’étudier pendant une période probatoire de 1 à 3 ans « le fonctionnement et le statut de la future coopérative et dresser le programme d’activité » (Art. 5). Puis, une fois ce premier obstacle surmonté, la nouvelle coopérative était tenue d’avoir une activité conforme « aux prescriptions en vigueur applicables aux sociétés commerciales et adaptées aux opérations coopératives » (Art. 20). On y mentionne encore « la valeur nominale des parts sociales », etc.
On se demande comment M. Houphouët-Boigny qui connaît pourtant si bien son peuple et en particulier ses paysans, a pu croire, un seul instant, que les petits planteurs pourraient s’engager sur un terrain aussi miné, puisque semé d’embûches, de mots barbares tels que « G.V.C. », « parts sociales », « comptabilité », « valeur nominale » dont

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