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clandestine. D’autant qu’aucune des conditions les plus élémentaires de sécurité n’était respectée. L’un se réclamait, à tout bout de champ, du président Houphouët-Boigny pour imposer son autorité et le compromettait sans se gêner. L’autre, de son côté, se propulsait un peu partout, mettant en relief son rôle dirigeant dans l’opération contre le régime guinéen. Ce qui accentuait davantage l’animosité entre les deux hommes. Il y avait encore les télégrammes compromettants envoyés allègrement d’Abidjan à Paris, etc.
Mais si l’encadrement au plus haut niveau laissait à désirer, le problème des troupes, disponibles pour l’action éventuelle, ne se posait même pas. En 1958, plusieurs centaines de soldats guinéens, servant dans l’armée française, et craignant de perdre leurs droits à la retraite en quittant l’armée avant terme, et aussi d’être accueillis fraîchement en Guinée, avaient en effet « choisi la France ».
Quant aux intellectuels guinéens de Paris, ils avaient refusé de faire directement partie du F.L.N.G. C’est pourquoi, réunis au sein d’une Ligue guinéenne de Libération nationale, et se qualifiant de section européenne du F.L.N.G., ils proposaient, dans une lettre ouverte à ce dernier, une « action positive concertée au sein d’un front représentatif ». Mais devant la pagaille prévalant au sein du « comité de coordination », la ligue avait préféré adopter une position d’expectative. Ses dirigeants seront reçus à Paris, le 6 juillet 1966, par le président Houphouët-Boigny. Ils feront un excellent travail de préparation en Sierra Leone, en Guinée Bissau et aussi au Sénégal. Plusieurs actions seront envisagées. Toutefois, elles ne pourront être complètement matérialisées.
L’annonce par Radio-Conakry, le 26 janvier 1967, d’une intensification frénétique des activités subversives des « impérialistes et éléments contre- révolutionnaires », se place dans ce contexte : M. Sékou Touré surestime-t-il la capacité d’action du F.L.N.G. et du président Houphouët-Boigny, ou craint-il un coup de force organisé par d’anciens compagnons d’armes ?
A Paris, l’Étudiant Guinéen, dans sa livraison de janvier 1967, se demande, cruel dilemme, s’il lui faut soutenir le Front « suscité, financé et contrôlé par l’impérialisme français et son valet Houphouët », ou bien condamner tout à la fois « clairement et publiquement le F.L.N.G. », et

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