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nationalistes ?
Par ailleurs, dans sa lutte pour faire prévaloir sa propre conception de l’unité africaine, le président Houphouët-Boigny peut compter en particulier sur l’appui de la Nigeria : les dirigeants de ce pays, toutes divergences politiques mises de côté, ne peuvent supporter qu’un pays anglophone relativement petit puisse s’arroger constamment la qualité de porte-parole de toute l’Afrique.
Cet ensemble de circonstances et le prétexte de la crise congolaise aidant, le président ivoirien prend l’initiative et annonce - en accord avec son collègue du Liberia - la réunion, à Monrovia, d’une conférence panafricaine au sommet ; selon lui, « le sujet de cette première conférence sera volontairement limité au problème du Congo ». La manœuvre est audacieuse : il s’agit, en utilisant la crise du Congo comme catalyseur, d’amener le maximum d’États africains à se réunir en un lieu donné, et la loi de la majorité aidant, de brider les impatients, ou de les pousser à déclarer forfait.
C’est le leader du R.D.A. qui mène le jeu. Il impose le lieu, les règles et les conditions du combat. MM. N’Krumah et Sékou Touré se trouvent réduits à la défensive : ils parent les coups. Ils boycottent la conférence de Monrovia qui groupera, à partir du 8 mai 1961, les plus hauts représentants de vingt des vingt-sept États alors indépendants d’Afrique. Cette conférence représente un tournant décisif. En substituant « l’unité des aspirations et des actions » à l’unité organique, elle marque le début effectif du reflux du concept pan-africaniste.
Mais pour parachever son succès, M. Houphouët-Boigny se doit d’amener les partisans de l’unité organique de rejoindre ceux de la formule de Monrovia.
Il le sait, Bamako constitue le chaînon le plus faible de l’ensemble Ghana-Guinée-Mali. Accessoirement, le président Modibo Keita ne compte-t-il pas aussi sur l’intercession du président Houphouët-Boigny auprès de Paris pour éliminer certains obstacles sur la voie de la coopération franco-malienne ? De plus, n’est-il pas resté, contrairement à M. Sékou Touré, attaché sentimentalement au R.D.A. ?
Le leader ivoirien, l’aîné, se fait humble et se rend en visite officielle, chez son cadet. Il y arrive accompagné d’une délégation imposante. Chacun des ivoiriens choisis compte des amis influents au Mali. Durant son séjour, le président Houphouët-Boigny couvre son hôte d’éloges.
Le groupe de Casablanca, Mali compris, n’en boycotte pas moins la conférence de Lagos où les Vingt de Monrovia se retrouvent, une fois de plus, le 25 janvier

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