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mars 1960, par le tribunal correctionnel d’Abidjan, tous les autonomistes du Sanwi, à de lourdes peines, allant de 5 à 10 ans de prison et jusqu’à 20 ans d’interdiction de séjour. Le nombre des emprisonnés s’élèvera à 412, ce qui montre quand même l’ampleur du mouvement et de la répression.

Aux pommes de discorde que constituent et l’unité organique du continent africain et le Sanwi, viendra s’ajouter bientôt la question du Congo Léopoldville. Les divergences sur chacun de ces problèmes iront en s’aggravant.
Une ultime tentative de rapprochement sera faite dans la seconde moitié de septembre. On trouve dans Fraternité du 23 septembre 1960, le communiqué laconique publié à l’issue de la rencontre, entre les présidents Houphouët-Boigny et N’Krumah, quatre jours auparavant, à la frontière ivoiro-ghanéenne, mais du côté ghanéen, à Half-Assini. L’entrevue, y est-il précisé, eut lieu « à la demande du président de la République du Ghana », et tous deux « sont tombés d’accord pour se rencontrer prochainement à Accra ». Jamais le chef d’État ivoirien ne rendra visite à M. Kwame N’Krumah à Accra.
La rencontre se solde en fait par un échec total : M. Houphouët-Boigny refuse de faire le moindre pas sur la voie du rapprochement, avant d’obtenir de son homologue ghanéen l’extradition des autonomistes du Sanwi. Pour le leader ivoirien, l’épreuve de force devient inéluctable. Le Congo Léopoldville en constituera le cadre immédiat.
Pour le président Kwame N’Krumah, la crise congolaise représente la première tentative impérialiste de reprendre pied dans une ex-colonie. Il la considère comme un défi. Toute la doctrine du leader ghanéen se trouve mise à l’épreuve. N’avait-il pas affirmé sa volonté d’utiliser l’indépendance du Ghana comme un levier pour libérer tout le continent ?
Par ailleurs, M. Patrice Lumumba avait été l’un des deux dirigeants politiques congolais venus de Léopoldville à Accra pour y participer à la conférence des peuples africains, de décembre 1958. M. Kasavubu et lui avaient, de plus, prouvé leur hostilité au pouvoir colonial et manifesté leur emprise sur les masses en organisant, quelques semaines après la conférence d’Accra, les puissantes manifestations des 3, 4 et 5 janvier 1959 qui s’étaient soldées par une trentaine de morts et une centaine de blessés congolais.
La filiation ghanéenne du mouvement congolais d’indépendance paraît évidente au Dr N’Krumah. Il ne peut donc pas ne pas réagir. Pour assurer le succès de sa politique, il jettera dans la balance toutes ses forces sur le

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