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tout le poids de son prestige. Le 7 mai, il prononce à Korhogo, dans le nord de la Côte d’Ivoire, un discours particulièrement dur pour le régime ghanéen et le président N’Krumah. Curieusement, on n’y trouve pas la moindre référence aux centres de subversion ghanéens, à l’envoi de commandos armés, à la tentative d’assassinat du président Diori, tous arguments utilisés dans la campagne contre le Dr N’Krumah.
Le chef d’État ivoirien n’en a cure, car il sait son adversaire en position de faiblesse extrême sur tous les plans [21]. Il élargit par conséquent le champ de bataille jusqu’au problème du Congo Léopoldville où la rébellion n’a toujours pas été écrasée. Effectivement, la réunion, quelques semaines plus tard, d’une conférence extraordinaire de l’O.C.A.M., spécialement convoquée pour admettre - le 26 mai 1965 - le Congo Léopoldville, dirigé alors par M. Moïse Tshombé, viendra confirmer la tactique du président Houphouët-Boigny : il veut profiter de l’isolement du leader ghanéen et de ses amis, lui-même manifestation du reflux général du mouvement “révolutionnaire” en Afrique, pour élargir le groupement francophone à l’ex-colonie belge.
Que peut faire le président ghanéen devant cette avalanche d’attaques ? Réduit à l’impuissance au plan africain, il essaie de sauver “sa” conférence au sommet.
La propagande ghanéenne trouve quand même un argument assez gênant pour les chefs d’État prônant le boycottage. Le Ghanaian Times du 6 mai accuse d’abord le Conseil de l’Entente de vouloir saboter et l’O.U.A. et l’unité africaine, et pose ensuite la question :
« Si ceux qui accusent N’Krumah sont sincères, qui les empêche de venir à Accra le confondre ? »
Face à cet argument, la réponse des ambassadeurs au Ghana de Côte d’Ivoire, de Haute-Volta et du Niger, paraît assez faible. Leurs chefs d’État, disent-ils, ne veulent pas « s’offrir en holocauste » en allant à Accra.
Seul M. Sékou Touré finit par épouser ouvertement la cause du Dr N’Krumah. Il qualifie de « commis voyageurs de la division », les missions d’information envoyées par le Conseil de l’Entente à travers l’Afrique.

Moins de deux semaines plus tard, s’ouvre à Lagos, au Nigeria, la conférence extraordinaire des ministres des Affaires étrangères de l’O.U.A. La

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