britanniques.


Sous la pression du « mouvement national », la direction de la Shell se rendit finalement compte qu’elle faisait fausse route. Mais il était déjà trop tard. Une réforme économique ou administrative qui ne vient pas à temps, perd, en effet, de son efficacité.


Sous la pression du « mouvement national », la direction de la Shell se rendit finalement compte qu’elle faisait fausse route. Mais il était déjà trop tard. Une réforme économique ou administrative que ne vient pas à temps, perd en effet, de son efficacité.


Cela ne signifie évidemment pas que les jeunes États peuvent se dispenser totalement - et immédiatement - des techniciens étrangers. Ils en ont encore besoin pendant un certain temps. Leur objectif se limite à placer aux

meilleurs postes possibles leurs propres cadres réduits au chômage ou maintenus aux échelons inférieurs de la hiérarchie. Il tombe sous le sens qu’une promotion aussi brutale ne peut se faire qu’au détriment des cadres de la puissance dominante. Car, traditionnellement, les pays dépendants constituent les déversoirs, aussi bien pour les produits manufacturés de la métropole que pour le trop-plein de ses fonctionnaires. Ceux-ci, par un réflexe humain, se cramponnent à leurs postes. Inéluctablement, l’intelligentsia autochtone est amenée ainsi à transposer la lutte pour son "espace vital" administratif sur le plan de la « lutte pour l’indépendance ». Pour pouvoir supplanter les cadres étrangers, il devient nécessaire de combattre et de vaincre le pouvoir politique étranger qui constitue leur unique soutien.


Les intellectuels des jeunes nations, conscients de leur supériorité indéniable sur l’écrasante majorité de leurs concitoyens, sont, par définition, ambitieux. Ils ne briguent par uniquement les postes détenues par des étrangers dans leur propre pays. Ils ont des perspectives plus alléchantes, et qui constituent les corollaires indispensables de l’indépendance.


C’est en 1946, au Caire, que l’auteur de ces lignes a entendu pour la première fois parler - en termes fort élogieux - de M.Bachir el Bakry. Agé alors de 25 ans, il poursuivait ses études à l’université Fouad 1er. Il habitait une minuscule chambre, dans un immeuble délabré du quartier populaire d’Abdine. C’était un fervent nationaliste.


Aujourd’hui, Son Excellence M. Bachir el Bakry représente la République

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