et Nouvelle-Zélande, jouissent d’une plus grande liberté économique que les autres membres. Ils ont pleinement profité du boom sur les matières premières provoqué par la guerre de Corée. Entre 1950 et 1955, l’Australie, par exemple, s’est permis des importations dépassant de 737 millions de Livres ses exportations. Tandis que le rôle des pays non indépendants s’est limité à celui de prêteur sans intérêts.


D’autre part, la Grande-Bretagne a utilisé ce surplus de capitaux - provenant des pays sous-développés du proche Orient et d’Afrique - maintenir pour sa position économique, donc politique, dans les pays indépendants du Commonwealth en y poursuivant ses investissements.


Enfin, parmi les États indépendants, ce sont les pays où domine la race blanche qui ont été le plus favorisés. Entre 1947 et 1952, la Grande-Bretagne a investi 1 400 millions de Livres sterling dans le Commonwealth.


On imagine facilement à quel point la position de l’émir du Koweït, par exemple, sera difficile le jour où la bourgeoisie koweitie prendra conscience que son pays se trouve soumis à une double exploitation : par une compagnie pétrolière étrangère, et par la Grande-Bretagne qui utilise les dollars et autres devises gagnées par la vente du pétrole koweiti pour financer ses investissements dans les pays d’outre-mer.


La propagande nationaliste, elle aussi, aura beau jeu : elle pourra aisément soulever l’opinion publique arabe contre « un émir à la solde des Anglais » qui, non content de laisser l’impérialisme exploiter « le pétrole arabe », consent de plus à l’investissement de ses propres royalties dans des pays non arabes...


En somme, pour la classe aisée comme pour l’intelligentsia, la notion d’indépendance se confond avec le concept de « marché national ». C’est là et non ailleurs qu’il convint de rechercher les origines du mouvement national et pays dépendants.


Comme preuve supplémentaire, on peut rappeler que les fractions successives de la bourgeoisie désertent la cause nationaliste dès que la puissance dominante satisfait leurs ambitions.


Ainsi, quand la Grande-Bretagne supprime en 1922 les entraves mises au commerce du coton, la grande bourgeoisie terrienne se trouve comblée : elle se sépare du

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