conscient, mais s’y attend depuis fort longtemps. Il ne peut ignorer à la fois l’hostilité et de la Libye et du Nigéria à Israël. Il aurait peut-être pris les devants et rompu avec Israël, en dépit des pressions d’Houphouët-Boigny, n’était l’obstacle « sentimental » que représente l’ambassadeur Rash. Il pousse donc un soupir de soulagement quand il apprend l’affectation de Yehoshua Rash à Lomé.

Dans une première phase, il essaie de louvoyer pour éviter de prendre la seule décision valable dans le cadre de sa stratégie tripolaire, à savoir la rupture. Dans une lettre datée du 10 août 1972, il informe donc le Premier ministre Mme Golda Meir qu’il lui « serait infiniment agréable que (M. Y. Rash) reste le chef de la mission israélienne à Niamey tout en résidant au Togo. » Façon on ne peut plus délicate de dire que le Niger se passerait bien d’un ambassadeur résident. Réponse du berger à la bergère, le gouvernement israélien annonce le 28 décembre « sa décision de fermer, pour des raisons d’ordre budgétaire et administratif, son ambassade à Niamey. »

Le 30, le Bureau Politique du PPN/RDA « considère comme inopportune toute représentation israélienne au Niger. » Le 4 janvier 1973, le Conseil des Ministres annonce dans un communiqué « qu’il était mis fin aux relations diplomatiques entre les deux pays. » Le Niger devient ainsi le quatrième pays sub-saharien à rompre les relations diplomatiques avec Israël. Il devance de 24 heures le Mali.

Le lendemain, le Dr Joseph Conombo, ministre voltaïque des Affaires étrangères, fera l’éloge d’Israël, tandis que le président Houphouët-Boigny rencontrera Mme Golda Meir à Genève le 17 mai. Mais volens nolens ces deux pays africains, comme les autres, seront bientôt amenés, à leur tour, à suivre le mouvement général et à rompre avec Israël.

Mais, réaction humaine typique du Président et qui l’honore, au moment même où Niamey annonce la rupture, il me demande de hâter mon départ pour Paris afin d’expliquer le dossier du Niger à Yosip Hadass, alors en poste dans la capitale française. Un autre émissaire est dépêché à Lomé pour « expliquer » à Yehoshua Rash...

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