l’amitié et son culte de la loyauté qui honoraient l’homme mais desservaient le leader, et constituaient autant d’obstacles psychologiques insurmontables sur la voie de l’imposition d’un choix individuel.

Le louvoiement restait donc la seule voie de salut. Le secrétaire général du PPN/RDA y consacrera beaucoup d’efforts.

En 1968, il tente d’entraîner à sa suite la direction du PPN, en annonçant officiellement la toute prochaine réunion du 1er Congrès du Parti. Peine perdue. Le projet se perd dans les sables mouvants.

Il récidive en 1970 sans plus de succès : la dépêche AFP du 22 octobre ne fera état que de la convocation d’une nouvelle Conférence des cadres par définition inopérante, car dépourvue de pouvoirs quoique utile comme exutoire.

Le 18 décembre de l’année suivante, quand M. Noma Kaka, membre du Bureau Politique, annonce solennellement la convocation du Congrès, les proches du Président croient y déceler un pas en avant. On doit vite déchanter.

On assistera encore à un phénomène étonnant : selon des directives demeurées mystérieuses, Le Niger, organe officiel du PPN/RDA, publie le 12 mai 1972, sur toute une page, les « Statuts » du Parti. Or la plupart des articles de ces statuts avaient été violés au vu et au su de tous, non pas une fois, mais dix fois. D’aucuns y verront une forme nouvelle de pression sur les conservateurs.

Cette série d’annonces, de faux départs, de rétractions, de démentis, n’en participent pas moins à la préparation des esprits. Le Congrès devient de plus en plus inévitable.

Dans ce contexte, et obligé de naviguer à vue, M. Diori Hamani critiquera publiquement les chefs de file de la nouvelle génération, afin de pouvoir plus aisément fustiger les vieux cadres qui freinent précisément la convocation du Congrès. « Il est inadmissible, dit-il, que des jeunes, oubliant que la critique est aisée, mais l’art difficile, se mettent à donner des leçons à leurs aînés en se réclamant de leur jeunesse et de la science acquise grâce précisément aux sacrifices de leurs aînés. Il faut qu’ils sachent l’importance du stage, aussi nécessaire en politique que sur le plan technique, puisque seul il permet l’acquisition de l’expérience. »

Ceci dit, « il est tout aussi inadmissible, affirme-t-il, que des cadres anciens se contentent d’opposer leurs lauriers poudreux à ceux-là que leur jeune âge a empêché de faire leurs preuves aux temps héroïques de la lutte contre le système colonial et pour l’indépendance nationale... »

Il découle de ces prémisses que le Parti doit faire « confiance aux générations montantes... (qui lui) apporteront leur enthousiasme, leur foi et leurs connaissances techniques si nécessaires à la construction

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