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blé à cette dernière moyennant une forte commission qui, c’est le plus étonnant, aurait dû revenir, par son entremise, au parti du Premier ministre canadien de l’époque. « Nous n’avions pas besoin de blé, précis un haut fonctionnaire ivoirien, et il n’a pas été livré. » L’affaire capote donc _alors qu’elle sera couronnée de succès au Niger_ non sans laisser de vifs ressentiments entre le ministre des finances d’alors, Henri Konan Bédié, et Jacques Batmanian, qui se voit prier de quitter le pays. Sa version sera évidemment différente : c’est le désaccord avec le gouvernement ivoirien sur la question du Biafra qui l’aurait conduit à partir.
Direction le Niger, où son entregent fait des merveilles. Il devient le conseiller du président Hamani Diori, qui aimait à s’entourer d’Européens. Il y fait preuve de la même verve avec le lancement de plusieurs entreprises, et crée notamment avec Abdoulaye, le fils du chef de l’Etat, une société de travaux publics qui s’occupera du bitumage de la route NIamey-Zinder, axe d’une importance non négligeable. Là aussi, ses relations avec Ottawa jouent à plein. Puis il s’intéresse à la vente d’uranium nigérien à la France, uranium brut que, dit-on, il s’efforce de négocier au prix de l’uranium enrichi…
Enfin, Batmanian n’a t-il pas mis Abdoulaye Diori (qui vit aujourd’hui à Abidjan, où le Vieux a « mis ses moyens à la disposition de ses anciens amis ») en relation avec Kadhafi ? Et voilà l’accusation capitale : après la chute de Diori, il serait allé en Nigeria recruter des volontaires pour la Légion islamique du colonel. Renseigné, Seyni Kountché, qui s’apprêtait à accepter la libération d’Hamani Diori, a alors informé Houphouêt _qui la lui demandait_ que Diori resterait où il était. À Abidjan, on commente avec une véritable satisfaction la « responsabilité » de Batmanian dans la « chute » de son ancien ami. Il est vrai que s’il n’a pas remis les pieds en Afrique francophone depuis 1974, Batmanian fait encore aujourd’hui de fréquents aller-retour en Nigeria où il a plusieurs entreprises.

Message
On imagine aisément avec quel amertume les Ivoiriens ont vu ensuite Baulin, arrivé en France, soutenir brillamment à la Sorbonne sa thèse sur la Côte d’Ivoire, et obtenir, sous le gouvernement socialiste, une naturalisation qu’Houphouët qualifie d’ « indigne » ! La France d’où Batmanian, c’est bien ce qu’on lui reproche a poursuivi ses « actions néfastes. »
Apparaissent

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